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  • Collagène et arthrose : ce que dit vraiment la science (et ce que je dis à ma mère)

    Hier matin, ma mère m’a envoyé un lien Facebook, d’un témoignage. Une histoire de douleurs qui diminuent, de mobilité retrouvée, et de « collagène qui change la vie ».

    Ce genre de message, je le reçois toutes les semaines. De patients. De proches. De collègues parfois.

    En général, ma réponse est prudente :

    « Il y a des choses intéressantes, mais je n’ai pas d’avis tranché. »

    Sauf que là, ce n’était pas un patient. C’était ma mère. Et quand ce sont nos parents, dire « je ne sais pas » ne suffit plus toujours. Alors j’ai vérifié.

    Témoignages, marketing santé… et une part de vérité

    L’article qu’elle m’envoie est construit comme beaucoup d’autres aujourd’hui : un récit personnel sincère, appuyé sur des chiffres frappants, des références scientifiques citées rapidement, et une promesse implicite : « ça marche ».

    Mon premier réflexe a été celui de nombreux soignants : la méfiance. Les compléments « miracles », on connaît. Les seniors comme cible marketing aussi.

    Mais en allant vérifier les références citées, je n’ai pas trouvé du faux. J’ai trouvé du vrai… arrangé.

    Les études existent. Les effets sont mesurables. Mais les chiffres sont souvent enjolivés, les contextes simplifiés, les résultats présentés comme des certitudes là où la science parle surtout de tendances et d’effets modestes mais réels.

    Arthrose, douleur et imagerie : ce que l’on confond souvent

    Une confusion est très fréquente : arthrose = douleur.

    Or, en clinique, on sait bien que :

    • certaines articulations très arthrosiques sont peu douloureuses,
    • tandis que d’autres, peu marquées à l’imagerie, peuvent être très invalidantes.

    La douleur articulaire n’est pas uniquement une histoire de cartilage « usé ». Elle dépend aussi de :

    • l’inflammation locale,
    • des tissus synoviaux,
    • des structures nerveuses,
    • et de la tolérance mécanique au mouvement.

    Cette distinction est essentielle pour comprendre où agit, et où n’agit pas le collagène.

    Ce que montrent réellement les études récentes

    C’est à ce moment-là que je suis allé voir ce que disait la littérature scientifique récente. Et le message est clair.

    Arthrose et collagène : pas de réparation, mais un effet fonctionnel

    Les méta-analyses récentes ne montrent pas que le collagène oral répare l’arthrose ou restaure un cartilage « neuf ». En revanche, elles montrent de façon assez robuste une amélioration de la douleur et de la fonction chez des patients souffrant principalement d’arthrose du genou (1).

    Dans ces études, les critères principaux évalués sont :

    • la douleur (EVA),
    • la fonction articulaire
    • la capacité à bouger au quotidien (WOMAC)

    Le collagène n’agit donc pas sur la cause anatomique de l’arthrose, mais sur ses conséquences fonctionnelles et symptomatiques.

    Pourquoi cela peut soulager sans « changer la radio »

    Les mécanismes proposés sont aujourd’hui mieux décrits. Les peptides issus du collagène hydrolysé, une fois absorbés, agissent comme des signaux biologiques (2) capables de :

    • stimuler l’activité des chondrocytes,
    • soutenir la synthèse du collagène de type II et de l’acide hyaluronique,
    • moduler certaines voies inflammatoires,
    • inhiber partiellement des enzymes impliquées dans la dégradation du cartilage.

    Ces effets expliquent pourquoi certains patients ressentent moins de douleur et bougent mieux sans modification visible majeure à l’imagerie. Ce sont des effets permissifs, pas reconstructifs.

    Collagène hydrolysé : du tube digestif à l'effet clinique — infographie MonRFS

    Muscle, tendon et vieillissement : un intérêt surtout avec le mouvement

    Les données sont encore plus claires lorsqu’on associe le collagène à l’activité physique.

    Une méta-analyse récente chez l’adulte et le senior montre que les peptides de collagène combinés à un entraînement régulier (3) permettent :

    • de modestes gains de force,
    • une amélioration de la masse maigre,
    • une meilleure adaptation tendineuse,
    • et une récupération fonctionnelle améliorée.

    Pris seul, le collagène a peu d’effet spectaculaire. Associé au mouvement, il devient un adjuvant intéressant, notamment chez les sujets âgés.

    Collagène ≠ collagène : une précision indispensable

    Un point fondamental, souvent passé sous silence : dans les études disponibles, les effets observés concernent principalement le collagène hydrolysé, c’est-à-dire des peptides de collagène spécifiquement absorbables.

    Pas le collagène « brut ».

    L’hydrolyse conditionne :

    • l’absorption intestinale,
    • la circulation de peptides bioactifs,
    • et donc l’effet biologique mesuré dans les essais.

    Médias, start-up santé… et honnêteté intellectuelle

    Il serait malhonnête de prétendre être totalement imperméable aux médias. Je regarde des émissions comme Qui veut être mon associé ? Comme beaucoup, je vois passer des start-up santé françaises, des discours bien ficelés, et des promesses présentées comme raisonnables, souvent appuyées par des références scientifiques mises en avant de façon très convaincante.

    Et pendant longtemps, j’ai rangé ce type d’information dans la case :

    « pourquoi pas, sans avis tranché ».

    Mais quand la question ne vient plus d’un patient, quand elle vient de nos parents, et qu’elle se traduit par une décision concrète de consommation santé, on se doit d’aller plus loin que l’impression ou la simple exposition médiatique.

    Ce que je dirais aujourd’hui à mes patients… et à ma mère :

    • Le collagène ne guérit pas l’arthrose,
    • il ne reconstruit pas une articulation,
    • il peut réduire la douleur et améliorer la fonction chez certains profils,
    • les doses efficaces se situent autour de 3 à 10 g/jour, sur plusieurs semaines,
    • l’effet est nettement meilleur lorsqu’on continue à bouger.

    Ce n’est pas un miracle. Mais ce n’est pas du vent non plus.

    En filigrane : notre responsabilité collective

    Dans un monde saturé de messages santé, notre rôle n’est ni de dire « c’est magique », ni de balayer d’un « c’est n’importe quoi ».

    Notre rôle est de trier, de contextualiser, de remettre de l’échelle. Et parfois, de prendre ce temps supplémentaire… parce que la question ne vient plus d’un patient, mais de nos parents.

    MonRFS — le réseau qui partage, réfléchi, et remet du discernement dans la santé.

    Références

    (1) Méta-analyse — Clinical and Experimental Rheumatology (2024–2025) 11 essais contrôlés randomisés — ~870 patients. Réduction significative de la douleur et amélioration fonctionnelle (WOMAC).

    (2) Revue mécanistique — Frontiers in Nutrition (2025) Effets biologiques des peptides de collagène hydrolysé sur chondrocytes, inflammation, MMP et métabolisme du cartilage.

    (3) Méta-analyse — Sports Medicine (2024) Collagène peptides + entraînement : effets modestes mais significatifs sur force, masse maigre, tendons et récupération.

  • Phagothérapie et infections de prothèse : comprendre les mécanismes pour mieux accompagner les parcours complexes

    Introduction

    Les infections de prothèse représentent l’une des situations cliniques les plus complexes en orthopédie et en rééducation. Malgré des chirurgies répétées, des antibiothérapies prolongées et des stratégies lourdes comme le VAC, certaines infections persistent, récidivent, ou s’enkystent dans le temps.

    Dans ces situations, le problème n’est pas uniquement la bactérie en elle-même, mais la structure qu’elle construit : le biofilm. C’est précisément à cet endroit que certaines approches classiques atteignent leurs limites — et que des stratégies alternatives, comme la phagothérapie, suscitent un regain d’intérêt.

    À Lyon, au sein du CRIOAc Lyon, cette approche est travaillée de manière rigoureuse, encadrée et ciblée, dans des situations d’impasse thérapeutique.

    L’objectif de cet article MonRFS est simple : comprendre les mécanismes, sans promesse excessive, afin de mieux lire les trajectoires de soins complexes et d’adapter l’accompagnement en rééducation.

    Pourquoi les infections de prothèse résistent-elles autant ?

    Le rôle central du biofilm

    Lorsqu’une bactérie colonise un implant, elle n’agit pas seule. Elle s’organise en biofilm : une matrice protectrice composée de bactéries, de protéines, de polysaccharides et d’eau.

    Ce biofilm :

    • limite fortement la pénétration des antibiotiques,
    • protège la bactérie du système immunitaire,
    • permet à certaines bactéries de ralentir leur métabolisme, les rendant moins sensibles aux traitements.

    Résultat : une infection qui peut devenir chronique, fluctuante, parfois silencieuse… mais persistante.

    Quand l’antibiorésistance s’ajoute au biofilm

    Lorsque la bactérie impliquée est multirésistante (Staphylococcus aureus, Pseudomonas aeruginosa, etc.), les options thérapeutiques se réduisent encore.

    On observe alors :

    • des antibiothérapies plus longues et plus toxiques,
    • des chirurgies itératives,
    • une immobilisation prolongée,
    • une altération majeure de la qualité de vie.

    Ces patients deviennent des patients « au long cours », mobilisant durablement les équipes chirurgicales et de rééducation.

    Phagothérapie : une autre logique d’action

    La phagothérapie repose sur l’utilisation de bactériophages, des virus naturels capables de cibler une bactérie spécifique.

    Contrairement aux antibiotiques :

    • les phages sont très spécifiques,
    • ils interagissent directement avec la bactérie,
    • certains sont capables d’agir au cœur du biofilm, là où l’antibiotique diffuse mal.

    Il ne s’agit pas de « traiter plus fort », mais de traiter autrement.

    Ce n’est pas une question de puissance. C’est une question de mécanisme.

    Antibiotique vs Phage — l'antibiotique ne pénètre pas le biofilm, le phage le lyse

    Comment la phagothérapie est-elle encadrée en France ?

    En France, la phagothérapie n’est ni libre ni expérimentale au sens large. Elle est utilisée dans un cadre strict, au cas par cas, notamment via :

    • le CRIOAc Lyon,
    • les Hospices Civils de Lyon,
    • les programmes structurés comme PhageInLyon et Phag-One.

    Chaque situation implique :

    1. l’isolement précis de la bactérie responsable,
    2. des tests de sensibilité aux phages disponibles,
    3. une décision collégiale (RCP),
    4. une administration le plus souvent locale, en complément de la chirurgie et de l’antibiothérapie.

    La phagothérapie ne remplace pas les traitements existants. Elle s’intègre comme adjuvant, dans des situations ciblées.

    Ce que cela change pour la rééducation et les parcours de soins

    Pour les professionnels de la rééducation, l’enjeu n’est pas de prescrire ni de décider de l’indication. L’enjeu est de mieux lire la trajectoire clinique.

    Lorsque l’infection est enfin contrôlée :

    • la douleur inflammatoire diminue,
    • la variabilité clinique se réduit,
    • la progression fonctionnelle devient plus prévisible.

    Cela permet :

    • une reprise plus sereine du mouvement,
    • une diminution de la charge mentale du patient,
    • une prévention plus efficace de la chronicisation (douleur, évitement, désengagement).

    Comprendre ces mécanismes aide aussi à :

    • repérer les situations atypiques,
    • orienter plus tôt vers des centres experts,
    • ajuster le rythme et les objectifs de la rééducation.

    Conclusion

    La phagothérapie n’est pas une solution miracle. Elle ne simplifie pas les infections de prothèse.

    Mais dans certaines impasses thérapeutiques, elle permet de débloquer des situations jusque-là figées — et, par effet domino, de redonner une trajectoire aux parcours de soins et de rééducation.

    Pour les professionnels de terrain, comprendre ces mécanismes n’est pas un luxe théorique. C’est une clé de lecture clinique supplémentaire.

    Références

    • Ferry T. et al. Bacteriophage therapy in musculoskeletal infections. EFORT Open Reviews, 2024.
    • Le Monde — Le retour des phages face à l’antibiorésistance, 2023–2024.
    • CRIOAc Lyon — site officiel.
    • Hospices Civils de Lyon — phagothérapie.
    • Diallo K. Phagothérapie et antibiorésistance, Revue de biologie médicale, 2023.
  • Le soin du vivant… et le soin de son argent. Les règles d’or MonRFS pour comprendre ses placements

    Par MonRFS — le réseau qui partage, réfléchit, et rend l’invisible un peu plus clair

    Quand le concret du soin rencontre l’abstrait de la finance

    Dans nos métiers, kinésithérapeutes, ostéopathes, ergothérapeutes, psychologues, médecins, nous passons nos journées dans le réel. Un genou qui craque. Un souffle qui se modifie. Une douleur qui recule. Un geste qui redevient possible.

    Nous travaillons avec du vivant, de l’adaptation, de l’incertitude maîtrisée. Nous raisonnons en charge, en progressivité, en contexte, en temps long.

    Et pourtant, dès que l’on parle d’argent, beaucoup d’entre nous ont l’impression de changer de monde. Un monde abstrait. Des chiffres, des courbes, des produits. Un langage qui ne semble pas fait pour nous.

    Et si c’était une erreur de lecture ?

    La finance n’est pas un monde à part. Elle obéit très souvent aux mêmes lois que le vivant.

    Charge. Adaptation. Frottements. Régularité. Trajectoire. Incertitude.

    Il n’existe pas un bon placement. Il existe une biomécanique du patrimoine : une manière d’évaluer, de doser, de progresser sans se blesser.

    Cet article n’a pas vocation à transformer des soignants en experts financiers. Il vise simplement à poser des repères de culture financière, avec un langage familier à nos métiers, pour mieux comprendre, éviter certains pièges… et reprendre un peu de contrôle.

    Règle 1 — Virtuel ≠ volatil : savoir ce que l’on détient vraiment

    Avant de parler de rendement ou de risque, il faut d’abord comprendre ce que l’on possède réellement.

    Un produit peut être immatériel sans être virtuel. Un prix peut varier sans que l’actif disparaisse.

    Les produits bancaires (logique de trésorerie)

    Livret A / LDDS (~1,5 % en 2026) / LEP (~2,5 %) → placements de sécurité → 0 % impôt, 0 % prélèvements sociaux. Utiles pour une réserve, pas pour faire croître un patrimoine.

    ⚠️ Attention au PEL : il ressemble à un livret, mais n’a pas la fiscalité réglementée. Les intérêts sont soumis aux prélèvements sociaux, et souvent à l’impôt.

    Les actifs réels souvent perçus comme « volatils »

    • Actions → parts d’entreprises réelles (activité, salariés, clients).
    • ETF → paniers d’actions, exposition directe à l’économie réelle.
    • SCPI → parts d’immeubles (bureaux, santé, commerces), actif réel, mais résultat très dépendant de la fiscalité.

    On n’investit jamais dans un chiffre sur un écran. On investit dans des actifs réels, avec des règles de rendement, de durée et de fiscalité.

    Règle 2 — Le risque, c’est comme la charge mécanique

    On l’a tous observé en pratique : un patient qui augmente trop vite → se blesse. Un patient qui progresse juste → s’adapte.

    La charge se construit, elle ne se subit pas. En finance, la logique est identique : investir tout un capital, sur un seul support, sur une seule année, revient à faire porter une charge maximale à un système non préparé.

    Le risque n’est pas un saut dans le vide. C’est une montée progressive et consciente.

    Le risque c'est comme la charge mécanique — graphique MonRFS

    Règle 3 — Comprendre le risque avant de choisir un produit

    Il y a une étape incontournable : savoir évaluer le niveau de risque d’un produit. En santé, on ne prescrit jamais un exercice ou une exposition sans avoir une idée du risque associé. On utilise des repères simples : échelle de la douleur, échelle du risque de chute, niveau de vigilance clinique.

    En finance, c’est exactement la même logique. Tous les produits ne se valent pas en termes de risque, même s’ils sont souvent présentés sur un pied d’égalité.

    Une règle simple : penser en échelle, pas en promesse

    Échelle des risques financiers SRRI — lire le risque comme une EVA

    Règle 4 — Le contexte change tout

    En ergothérapie, un même geste peut être impossible dans un environnement mal pensé… et parfaitement réalisable dans un contexte adapté.

    En finance, c’est strictement pareil. Un placement peut être :

    • pertinent à 30 ans,
    • dangereux à 50,
    • inutile à 65.

    Le « bon produit » n’existe jamais seul, il existe dans une vie avec : un âge, une situation familiale, une stabilité professionnelle, un horizon de temps, une charge mentale, un niveau de revenus, une fiscalité.

    Le contexte précède toujours le conseil.

    Règle 5 — Les performances passées ne préjugent jamais de la suite

    Un patient allait bien hier… cela ne garantit rien pour demain. Le vivant n’a pas de mémoire stable. Le marché non plus. Une année à +12 % n’annonce rien et une année à –8 % n’annonce rien.

    Le marché sur-réagit, se calme, s’emballe, respire.

    Ce qui compte n’est pas le hoquet court, mais la respiration longue.

    C’est pour cela que la diversification, le lissage et le temps long sont des piliers… et non des options.

    Règle 6 — Crypto, startups, private equity : la zone rouge HVBA

    En ostéopathie, un HVBA n’est pas dangereux en soi. Il est puissant, mais exigeant. Il demande : une indication claire, une maîtrise technique, une grande prudence.

    Crypto, private equity, startups fonctionnent sur la même logique. Ce ne sont pas des placements. Ce sont des expositions à haut risque. Parfois spectaculaires. Souvent imprévisibles.

    Règle de prudence personnelle : Le risque élevé, c’est le piment. Jamais le plat. Pas plus de 5 % du patrimoine.

    Règle 7 — Les frais : l’arthrose invisible

    L’arthrose progresse sans bruit. Les frais aussi. Un support affiché à 5,5 % brut peut en réalité délivrer :

    • – 1 % de frais de gestion
    • – 1 % de frais internes
    • – 1 % de pilotage
    • – 0,5 % de frais d’enveloppe

    👉 Résultat : 2 % net réel.

    Le système progresse… mais avec une béquille invisible.

    Toujours regarder les frottements réels, jamais la vitrine.

    L'effet des frais : l'arthrose invisible — infographie MonRFS

    Règle 8 — La liquidité : c’est l’accessibilité fonctionnelle

    En ergothérapie, un outil inutilisable n’est pas un bon outil. Certains placements sont séduisants sur le papier, mais deviennent problématiques le jour où l’on a besoin de sortir :

    • SCPI françaises en direct,
    • produits structurés,
    • fonds à formule,
    • autocalls,
    • certains PER verrouillés.

    Question prioritaire : Quand et comment puis-je récupérer mon argent ?

    Règle 9 — La gestion pilotée : rassurante… mais souvent coûteuse

    Comme un protocole trop rigide : rassurant, structurant, mais pas toujours optimal.

    Beaucoup de gestions pilotées sous-performent des stratégies simples : quelques supports lisibles, des frais faibles, un rééquilibrage annuel.

    En clinique comme en finance : complexité ≠ efficacité.

    Simplicité ≠ naïveté — pourquoi éviter les produits complexes

    Règle 10 — Le conseiller, c’est ton superviseur clinique

    Un bon gestionnaire de patrimoine ne « vend » pas un produit. Il construit :

    • un objectif,
    • une stratégie,
    • une trajectoire,
    • un suivi,
    • des ajustements dans le temps.

    On ne choisit pas un taux. On choisit un raisonnement adapté à une personne.

    Règle 11 — L’intérêt composé : fausse citation, vraie logique

    La citation attribuée à Einstein est probablement apocryphe. Mais l’idée est centrale.

    Un exercice par jour → autonomie. Un enfant progresse par répétitions. Un patient chronique avance par micro-briques. L’épargne fonctionne exactement de la même façon.

    50 €, 100 €, 150 € par mois, sur 15 à 20 ans, créent un effet de boule de neige considérable.

    Le vrai moteur n’est pas la chance. C’est le temps + la régularité.

    Épargne simple vs intérêt composé — le meilleur allié c'est le temps

    Règle 12 — Diversifier, c’est multiplier les bilans

    En rééducation, on n’évalue jamais une seule variable. En patrimoine, c’est identique. Multiplier les moteurs :

    • actions (ETF Monde),
    • immobilier (SCPI internationales),
    • stabilité (fonds euros / obligations),

    permet de lisser les contraintes.

    Une seule source = fragilité. Plusieurs moteurs = résilience.

    Diversifie comme tu multiplies les tests — ETF, SCPI, Fonds euros

    Règle 13 — La fiscalité : la limitation fonctionnelle finale

    La fiscalité ne fait pas mal au début. Elle n’entrave pas le rendement. Mais elle apparaît au moment de sortir. Tout allait bien… jusqu’au geste final.

    Revenus + TMI + prélèvements sociaux = frottement maximal en fin de parcours.

    Une même SCPI peut être excellente… ou catastrophique… selon l’enveloppe.

    Pourquoi deux placements à 5% n'ont pas le même rendement net — PEA, Assurance-vie, PER, CTO

    Règle 14 — L’assurance-vie : un cadre, pas un traitement

    En psychothérapie, le cadre est essentiel. Mais ce ne sont pas les murs qui soignent : ce sont les outils à l’intérieur. L’assurance-vie fonctionne exactement pareil.

    Le contrat est le cadre. ETF, fonds euros nouvelle génération, supports immobiliers sont les outils.

    Un couteau suisse remarquable, ou un aspirateur à frais.

    Ce n’est jamais le contrat qui fait la performance. C’est ce qu’il contient.

    Conclusion — La culture financière comme autonomie

    Dans le soin, nous cherchons l’autonomie des patients. En finance personnelle, la démarche est la même.

    Comprendre avant d’agir. Réduire les frottements inutiles. Penser long terme plutôt que promesses.

    La curiosité est un outil thérapeutique. C’est aussi un outil financier.

    Parce qu’au fond… qui n’est curieux ?

    Nota bene — Sans logique de vente, certaines initiatives illustrent une évolution intéressante : des outils plus lisibles, plus transparents, avec moins d’intermédiaires. Plateformes d’agrégation patrimoniale, contrats d’assurance-vie plus ouverts, SCPI plus lisibles, clubs d’investissement ou initiatives collectives (type Finary, Linxea Spirit 2, Iroko, clubs d’investisseurs Blast C, le cercle MDB, private equity, projets émergents comme SpineCAO…). Le but n’est pas de recommander. Le but est de savoir que cela existe, pour choisir en conscience.

  • Sport-santé et sédentarité : reprendre le contrôle de son corps

    L’objectif de MonRFS n’est pas d’ajouter « un programme de plus », mais de revenir à des règles simples qui redonnent au corps ce qu’un trajet quotidien à vélo fournissait naturellement.

    Sédentarité et risque cardiométabolique

    Les longues périodes en position assise augmentent le risque cardiométabolique. Si l’activité physique aide, elle n’élimine pas complètement cet effet — d’où l’importance des micro-interruptions.

    Le problème n’est pas de ne pas faire assez de sport. C’est de rester trop longtemps immobile.

    Priorité quand le temps manque

    La première priorité quand le temps manque est de casser la sédentarité (2 à 5 minutes toutes les heures) + mieux dormir, ce qui facilite ensuite la réintégration de l’activité physique.

    Micro-interruptions : un réel impact

    Les micro-interruptions ont un réel impact sur la santé métabolique, la mobilité et la douleur.

    Recommandation : 2 à 5 minutes debout/marche/escaliers toutes les heures. Si vous ne pouvez pas bouger : la pendiculation (contracter volontairement puis relâcher les muscles), avec l’objectif de casser la posture fixe et relancer la circulation et le métabolisme.

    Sommeil et récupération

    Les méta-analyses montrent une association en U entre la durée de sommeil et la mortalité : dormir moins de 7 heures ou plus de 9 heures est associé à un risque accru, avec la fenêtre de 7 à 9 heures émergeant de manière assez consistante.

    Pour les cliniciens : un patient qui veut « faire plus de sport » mais dort 5-6 heures est en déficit structurel de récupération.

    Avant de prescrire du mouvement, vérifier le sommeil. C’est la fondation invisible.

    L’approche en quatre piliers

    1. Casser le « trop assis » — micro-interruptions toutes les heures
    2. Récupérer — sommeil, nutrition, gestion du stress
    3. Retrouver l’attention — micro-choix quotidiens, déconnexion ciblée
    4. Activité physique — réintégration progressive, adaptée au contexte

    L’ordre compte. Commencer par le pilier 4 sans avoir stabilisé les trois premiers, c’est construire sur du sable.

    Lien avec l’hyperconnexion

    Cet article fait partie d’une série en 6 chapitres. Le chapitre suivant explore l’hypothèse que l’hyperconnexion a court-circuité notre capacité naturelle à s’engager dans l’effort — et ce que cela change pour la rééducation et la prévention.

  • Décret 2026-4 : le CESP élargi aux études de santé

    Le Décret n°2026-4, publié le 6 janvier 2026, élargit le champ des Contrats d’Engagement de Service Public (CESP) pour inclure tous les étudiants admis à poursuivre des études de santé dès la première année du premier cycle.

    Ce qui change

    La modification ouvre le contrat à presque toutes les professions de santé et beaucoup plus tôt dans le cursus :

    • Intégration officielle des étudiants en maïeutique (sages-femmes) et en pharmacie
    • Le contrat n’est plus limité aux étudiants de deuxième ou troisième année
    • Tout étudiant admis en deuxième année (après validation de la première année) peut désormais candidater

    Mise en oeuvre

    Les nouvelles dispositions s’appliquent aux candidatures déposées à partir du 16 janvier 2026.

    Depuis le 1er janvier 2026, la gestion des bénéficiaires du CESP est assurée par l’Agence de Services et de Paiement (ASP), remplaçant l’organisme de gestion précédent.

    L’objectif : lutter contre les déserts médicaux

    Ce dispositif vise à encourager les futurs professionnels à s’installer dans des zones où l’offre de soins est insuffisante, en échange d’un soutien financier pendant les études.

    Le CESP représente un dispositif clé de lutte contre les déserts médicaux, avec des implications importantes pour la formation en santé et les formateurs.

    Ce que cela change pour les formateurs

    Pour les organismes de formation et les formateurs en santé, cet élargissement signifie :

    • Un public potentiellement plus large et plus diversifié en termes de professions
    • Des besoins de formation adaptés aux spécificités de l’exercice en zone sous-dotée
    • Une opportunité de développer des modules ciblés sur la coordination des soins en territoire
  • Scribe vocal médical : ce que dit vraiment la science en 2026

    Le problème n’est plus la clinique. C’est ce qui vient après.

    Aujourd’hui, les professionnels de santé ne quittent plus leur journée épuisés par la prise en charge clinique, mais par ce qui entoure la consultation : comptes rendus, traçabilité, exigences médico-légales, logiciels chronophages.

    Les chiffres sont désormais bien établis : jusqu’à 40 % du temps médical est consacré à la documentation, au détriment du soin direct. Cette surcharge administrative est identifiée comme un facteur majeur de fatigue professionnelle et de désengagement.

    C’est dans ce contexte qu’émergent les scribes vocaux médicaux, aussi appelés ambient AI scribes ou ambient documentation. Leur promesse : écouter la consultation, transcrire automatiquement les échanges et générer une note clinique structurée, sans mobiliser l’attention du soignant.

    Une technologie clinique, pas un gadget

    Contrairement à un simple outil de dictée vocale, le scribe vocal médical repose sur des modèles d’IA entraînés spécifiquement à reconnaître le langage médical, la logique clinique et la structure des notes de soins.

    Dans une étude prospective publiée dans JAMA Network Open, Duggan et al. (2025) montrent que l’utilisation d’un scribe IA en consultation ambulatoire est associée à une réduction significative du temps consacré à la documentation, ainsi qu’à une diminution de la charge mentale liée aux tâches administratives.

    Ce que disent réellement les études récentes

    Une étude multicentrique menée par Olson et al. (2025) rapporte une réduction du burnout professionnel, une amélioration du bien-être lié à la documentation et une baisse du temps passé à rédiger les notes cliniques.

    You et al. (2025) mettent en évidence, auprès de plus de 1 400 cliniciens, une diminution du fardeau documentaire perçu et une amélioration des scores de burnout.

    Sur le plan qualitatif, Shah et al. (2025) montrent que les médecins perçoivent ces outils comme facilitant l’engagement avec le patient, à condition que l’intégration soit progressive.

    Enfin, une revue systématique (Sasseville, 2025) conclut que les scribes IA constituent une solution prometteuse pour rationaliser la documentation clinique, tout en soulignant la nécessité d’une vigilance accrue.

    Des limites clairement identifiées

    Environ 15 % des notes générées nécessitent des corrections substantielles (Duggan et al., 2025 ; Sasseville, 2025). Des phénomènes d’hallucinations de l’IA, bien que rares, ont été observés.

    La relecture humaine reste indispensable dans 100 % des cas. Aucune étude ne soutient une délégation complète de la responsabilité rédactionnelle à l’IA.

    Cadre légal et éthique : une technologie autorisée, mais encadrée

    L’usage des scribes vocaux médicaux est légal en France, à condition de respecter les principes du RGPD appliqués aux données de santé. L’information du patient est obligatoire, mais le consentement écrit n’est pas requis. Le prestataire doit impérativement être certifié HDS.

    Le vrai risque : la délégation silencieuse

    Plusieurs auteurs alertent sur la délégation progressive du raisonnement documentaire à l’IA (Leung, 2025). Lorsque la relecture devient automatique, le risque est une érosion de la vigilance clinique et des compétences rédactionnelles.

    Certaines équipes recommandent de maintenir volontairement une part de rédaction manuelle, afin de préserver un regard critique et une maîtrise active de la traçabilité.

    Tester sans se tromper : ce que recommandent les études

    La littérature converge sur une recommandation simple : ne jamais généraliser sans phase pilote. Lorsque le temps de correction dépasse 30 % du temps économisé, le bénéfice devient marginal.

    Conclusion : une innovation utile, mais jamais neutre

    Les scribes vocaux médicaux représentent une innovation crédible pour alléger la charge administrative des professionnels de santé en 2026. Les études montrent :

    • une réduction du temps de documentation,
    • une amélioration du bien-être professionnel,
    • une meilleure disponibilité relationnelle.

    Mais elles rappellent aussi une réalité fondamentale : l’IA assiste, elle ne remplace pas le jugement clinique.

    L’enjeu n’est donc pas technologique, mais professionnel : comment intégrer ces outils sans perdre la maîtrise de sa pratique ?

    Élise N. — Neuropsychologue, MonRFS

  • Pour 2026, transmettre le réel

    Pour 2026, transmettre le réel

    Nous sommes dans ce moment un peu particulier de l’année où le temps ralentit légèrement. Entre deux repas, deux bilans, deux projections vers « l’année prochaine ».

    Peut-être l’un des rares moments où l’on peut encore se poser une question simple : qu’est-ce qu’on a vraiment envie de transmettre pour 2026 ?


    Il y a une responsabilité silencieuse que nous portons tous, sans vraiment l’avouer : celle de montrer à nos enfants comment vivre.

    Pas comment réussir. Pas comment performer. Pas comment aller plus vite. Juste comment vivre.


    Quand j’étais enfant, je me suis ennuyé. Et avec le recul, cet ennui a peut-être été la plus grande chance de mon enfance.

    Il m’a obligé à imaginer. À inventer des jeux. À bâtir des cabanes avec rien. À sortir dehors. À courir, sauter, grimper, rentrer tard, fatigué… heureux.

    Personne ne parlait de « sport-santé ». On vivait. Le mouvement était un langage naturel.


    Et au milieu de tout ça, il y avait mon grand-père. Qui partait chercher son pain à vélo. Sous le vent, sous le soleil, parfois sous la pluie.

    Pas pour « faire du cardio ». Pas pour atteindre « 150 minutes par semaine ». Juste parce que c’était sa manière d’être au monde.


    Ce monde-là n’a pas disparu. Mais il s’est fait grignoter par quelque chose de plus insidieux : ce que Patrick Le Lay appelait le temps de cerveau disponible.

    Nous sommes occupés. Mais rarement nourris. Connectés. Mais souvent éloignés de nous-mêmes, de nos proches, de ce qui compte.

    Et nos enfants regardent. Ils apprennent bien plus de ce que nous faisons que de ce que nous disons.


    Alors, pendant les fêtes, quand le temps ralentit — ou devrait ralentir — je crois qu’il faut oser poser une dernière question :

    Qu’est-ce qu’on veut transmettre ?

    Des objets ? Des écrans ? Des obligations ?

    Ou des instants. Des gestes simples. Une présence.


    Nous n’avons pas besoin d’être parfaits. Ni exemplaires.

    Juste de montrer que la vie est plus vivable quand elle est un peu plus lente, un peu plus en mouvement, un peu plus dehors, et beaucoup moins bruyante dans la tête.


    Sortir marcher. Aller chercher quelque chose à vélo. Construire une cabane. Cuisiner ensemble. Ralentir. Respirer. Être là.

    Revenir aux bases, ce n’est pas reculer. C’est simplement choisir d’incarner la vie plutôt que de la regarder défiler.

    C’est peut-être ça, finalement, ce que nous avons le plus à transmettre.

    Arnaud Fournier Pour MonRFS — qui n’est curieux ?

  • 2025 : 17 textes qui bouleversent la formation en santé

    Vous êtes formateur en santé ? Organisme de formation ? Professionnel de santé ?

    Alors attachez vos ceintures.

    2025 n’est pas une année comme les autres.

    Pas moins de 17 textes législatifs et réglementaires ont déjà transformé — ou vont transformer d’ici la fin de l’année — le paysage de la formation en santé. DPC, prolongé. IPA en roue libre. Qualiopi durci. FIF-PL revalorisé. Crédit d’impôt supprimé.

    Et ce n’est pas tout.

    Chez MonRFS, on a décortiqué TOUS ces textes. Un par un. Avec leurs références officielles exactes, leurs dates d’entrée en vigueur et — surtout — ce que ça change concrètement pour vous.

    Parce qu’entre nous, un décret sans mode d’emploi, ça ne sert à rien.

    Sommaire : vos 5 piliers de changement

    1. DPC & Formation Continue : prolongation 2026, nouveau barème, e-learning pénalisé
    2. IPA & Infirmiers : accès direct, prescriptions élargies, nouvelles compétences
    3. Qualité & Certification : Qualiopi V9, certifications pro, HAS 6e cycle
    4. Législation Santé : LFSS 2025, territorialisation, expérimentations
    5. Obligations & Échéances : Passeport Prévention, ARM, nouveaux diplômes

    DPC & Formation Continue : entre prolongation et révolution tarifaire

    Le DPC prolongé d’un an (mais pourquoi ?)

    L’arrêté du 23 juin 2025 (publié le 28 juin au JO) prolonge les orientations prioritaires du DPC jusqu’au 31 décembre 2026. Les 267 orientations définies en 2022 ? Toujours valables.

    Pourquoi cette prolongation ?

    Un rapport de l’IGAS propose carrément l’abolition de l’ANDPC. Résultat : incertitudes, tensions en coulisses, et un mandat de seulement 6 mois accordé à la directrice Michèle Lenoir-Salfati, en poste depuis 2016. Inhabituel. Révélateur.

    Ce que ça change pour vous : stabilité jusqu’à fin 2026, mais préparez-vous. Le prochain triennal 2027-2029 risque d’être très différent.

    Les nouveaux forfaits DPC 2025 : gagnants et perdants

    Les forfaits ont bougé, voici le tableau réel :

    Frais pédagogiques :

    • Présentiel : 43 euros/heure (+5 euros vs 2024)
    • Classe virtuelle : 34,40 euros/heure
    • E-learning : 21,50 euros/heure

    Indemnisation professionnels :

    • Présentiel : 52 euros/heure (-5 euros vs 2024)
    • Classe virtuelle : 41,60 euros/heure
    • E-learning : 26 euros/heure

    Et en 2026 ? Coup de massue sur l’e-learning.

    Dès le 1er janvier 2026, l’ANDPC supprime l’indemnisation des professionnels pour les actions e-learning. Vous avez bien lu : 0 euro d’indemnisation en distanciel pur.

    Ce que ça change pour vous : si vos formations sont 100% e-learning, préparez-vous à une baisse drastique des inscriptions DPC. Le présentiel et les classes virtuelles redeviennent rois.

    Fin du crédit d’impôt formation : adieu les 475 euros

    La loi de Finances n°2025-127 du 14 février 2025 ne prolonge pas le crédit d’impôt formation (article 244 quater M du CGI).

    Pour toute formation suivie à compter du 1er janvier 2025, les professionnels libéraux ne peuvent plus déduire jusqu’à 475,20 euros par an (950 euros pour les micro-entreprises).

    Ce que ça change pour vous : cet argument de vente disparaît. Vos clients libéraux vont ressentir le coup. Misez sur le FIF-PL et le DPC pour compenser.

    IPA & Infirmiers : la révolution est en marche

    IPA : accès direct sans protocole médecin

    Le décret n° 2025-55 du 20 janvier 2025 (JO du 21 janvier) change tout.

    Ce qui disparaît :

    • Le protocole d’organisation entre médecin et IPA (article R4301-)
    • L’obligation d’information préalable au patient par le médecin (article R4301-4)

    Ce qui arrive :

    • Les IPA peuvent désormais recevoir directement des patients dans les établissements de santé, les ESSMS et les structures d’exercice coordonné.
    • Ils peuvent participer aux activités de leur formation, en présence d’un IPA diplômé ou d’un médecin.

    Ce que ça change pour vous : la demande en formation IPA va exploser. Votre programme doit intégrer cette nouvelle autonomie.

    IPA : nouvelles prescriptions qui changent la donne

    L’arrêté du 25 avril 2025 (JO du 30 avril, en vigueur le 1er mai) élargit massivement les capacités de prescription des IPA.

    Annexe VI — Pour TOUS les IPA (quelle que soit la mention) :

    • Programmes d’activité physique adaptée
    • Arrêts de travail jusqu’à 3 jours
    • Transports sanitaires
    • Bandes de contention classes 1 et 2
    • Compléments nutritionnels oraux
    • Antalgiques palier 1
    • Antihistaminiques H1
    • Inhibiteurs de la pompe à protons
    • Laxatifs

    Annexe VII — Après formation spécifique + TROD positif :

    • Fosfomycine (cystite simple)
    • Amoxicilline (angine bactérienne)

    Ce que ça change pour vous : créez des modules de formation sur ces nouvelles prescriptions. C’est un marché juteux.

    IBODE : les IDE de bloc accèdent aux 10 actes exclusifs

    Le décret n° 2024-954 du 23 octobre 2024 (JO du 25 octobre) ouvre un dispositif transitoire jusqu’au 31 décembre 2031.

    Les conditions :

    • Être affecté en bloc opératoire
    • Avoir au moins 1 an d’exercice ETP dans les 3 dernières années
    • Demander une autorisation temporaire au préfet de région avant le 31/12/2031

    La formation obligatoire (arrêté du 20 janvier 2025) :

    • 21 heures (présentiel ou classe virtuelle) pour les IDE sans autorisation
    • 4 heures en classe virtuelle pour les IDE ayant une autorisation définitive sous l’ancien régime

    Ce que ça change pour vous : si vous formez des IDE de bloc, cette formation complémentaire est un nouveau marché à prendre IMPÉRATIVEMENT.

    Loi sur la profession infirmier : reconnaissance historique

    La loi n° 2025-581 du 27 juin 2025 (JO du 28 juin) reconnaît légalement :

    • La consultation infirmière
    • Le diagnostic infirmier
    • Le droit de prescription encadré

    Elle crée aussi le statut d’infirmier coordinateur en ESSMS et étend les lieux d’exercice des IPA aux établissements scolaires, services ASE, PMI et FAJE.

    Qualité & Certification : Qualiopi V9 et HAS 6e cycle durcissent le ton

    Qualiopi V9 : la sous-traitance sous haute surveillance

    Le guide de lecture du Référentiel National Qualité version 9, publié le 8 janvier 2024, entre en vigueur le 8 mars 2024.

    Les nouvelles règles de sous-traitance pour les actions CPF :

    • Contrat écrit obligatoire avec 7 mentions obligatoires :
      • Missions exercées
      • Contenu et sanction de la formation
      • Moyens mobilisés
      • Conditions de réalisation et de suivi
      • Durée et période
      • Montant de la prestation
      • Identification des parties
    • Plafond de 20% du CA encaissé via CPF en sous-traitance
    • Certification Qualiopi obligatoire pour les sous-traitants CPF (sauf micro-entrepreneurs < 77 700 euros HT/an)
    • Interdiction formelle de la sous-traitance en cascade

    Ce que ça change pour vous : auditez VOS sous-traitants. Mettez vos contrats à jour. Un audit de surveillance peut vous suspendre.

    Décret certifications professionnelles : la transition écologique s’invite

    Le décret n° 2025-500 du 6 juin 2025 (JO du 8 juin, applicable au 1er octobre 2025) impose de nouvelles exigences.

    Les demandes d’enregistrement au RNCP et au Répertoire Spécifique doivent désormais intégrer :

    • Les effets des transitions écologiques et numériques
    • Les principes de prévention en santé et sécurité au travail
    • La prise en compte des situations de handicap et conception universelle

    Nouveaux motifs de refus automatique :

    • Fausse déclaration sur les données de promotions
    • Reproduction littérale de référentiels existants
    • Communication trompeuse au public

    Ce que ça change pour vous : revoyez vos référentiels. Ajoutez des modules sobriété numérique, gestion des déchets, accessibilité. Ce n’est plus optionnel.

    HAS 6e cycle : 118 critères dont 21 impératifs

    Le Collège de la HAS a adopté deux décisions majeures le 20 novembre 2024 :

    • Décision n° 2024.0170/DC/SCES : le référentiel 2025
    • Décision n° 2024.0171/DC/SCES : la procédure de certification

    Entrée en vigueur : 1er septembre 2025. Période couverte : 2025-2030.

    Le référentiel passe de 132 à 118 critères (-11%) mais le nombre de critères impératifs augmente de 17 à 21.

    Les nouveaux critères impératifs :

    • Critère 2.3-10 : mesures de prévention des risques obstétricaux majeurs
    • Critère 3.3-26 : prévention des transferts évitables des personnes âgées
    • La pertinence des prescriptions d’antibiotiques

    Les 3 ambitions du 6e cycle :

    1. Renforcer les exigences sur la gestion des risques obstétricaux, la sécurité médicamenteuse et la maîtrise des risques numériques/IA
    2. S’adapter aux priorités de santé publique (antibiorésistance, urgences, psychiatrie)
    3. Faire du patient un partenaire

    Ce que ça change pour vous : les établissements vont avoir BESOIN de formations pour préparer leurs équipes. Créez des modules qualité/sécurité/écoresponsabilité. Vite.

    Certification périodique : le dispositif est opérationnel

    Le décret n° 2024-258 du 22 mars 2024 (JO du 24 mars) précise enfin les modalités de la certification périodique créée par l’ordonnance du 19 juillet 2021.

    Qui est concerné ? Les 7 professions à ordre :

    • Médecins
    • Chirurgiens-dentistes
    • Sages-femmes
    • Pharmaciens
    • Infirmiers
    • Masseurs-kinésithérapeutes
    • Pédicures-podologues

    L’obligation : réaliser au moins 8 actions sur 6 ans (9 ans pour ceux en exercice au 1er janvier 2023), réparties sur 4 objectifs :

    1. Actualiser connaissances et compétences
    2. Renforcer la qualité des pratiques professionnelles
    3. Améliorer la relation avec les patients
    4. Mieux prendre en compte sa santé personnelle

    Les actions éligibles :

    • DPC
    • Formation continue hors DPC
    • Accréditation HAS
    • Bilans de compétences
    • Diplômes universitaires
    • Démarches qualité pluridisciplinaires

    Une plateforme dédiée est accessible sur le site de l’ANS via la plateforme e-santé.

    Ce que ça change pour vous : vos formations doivent être référencées dans les référentiels de certification périodique. 1,9 million de professionnels concernés. C’est un ÉNORME marché.

    Législation Santé : LFSS 2025 et lois du 27 juin

    LFSS 2025 : 102 articles qui impactent les pros de santé

    La loi n° 2025-199 du 28 février 2025 de financement de la sécurité sociale contient 102 articles. Voici ceux qui vous concernent :

    Article 6 : exonération de cotisations d’assurance vieillesse pour les médecins en cumul emploi-retraite exerçant en zones sous-denses (plafond 70 000 euros fixé par décret du 13 août 2025).

    Article 47 : expérimentation de 5 ans dans 20 départements pour l’accès direct aux masseurs-kinésithérapeutes en CPTS (max 8 séances sans diagnostic préalable).

    Les départements concernés (arrêté du 6 juin 2025) : Aude, Côtes d’Armor, Isère, Martinique, Mayotte, Nord, Rhône, Yvelines…

    Article 65 : suppression de la condition d’adressage pour Mon Soutien Psy + augmentation des séances prises en charge de 8 à 12 séances.

    Article 70 : plafonnement des rémunérations des intérimaires dans les ESSMS publics à compter du 1er juillet 2025.

    Ce que ça change pour vous : nouveaux besoins de formation sur les nouvelles compétences kiné, les protocoles Mon Soutien Psy.

    Loi territorialisation : le numerus apertus supprimé

    La loi n° 2025-580 du 27 juin 2025 (JO du 28 juin) dite « loi Feudler » vise à améliorer l’accès aux soins par la territorialisation.

    La grande nouveauté : les capacités d’accueil universitaires sont désormais déterminées PRIORITAIREMENT selon les besoins de santé du territoire, avec avis conforme requis des Conseils territoriaux de santé et des ARS.

    Autres mesures :

    • Réintégration facilitée des étudiants partis étudier la médecine en Europe (Roumanie, Belgique, Portugal)
    • Nouvelles passerelles pour les paramédicaux (infirmiers, puériculteurs, kinés) vers des études accélérées de médecine

    Ce que ça change pour vous : de nouveaux besoins en formation pour accompagner ces reconversions. Anticipez dans votre offre 2026.

    Obligations & Échéances : Passeport Prévention, ARM et diplômes

    Passeport Prévention : déclaration obligatoire depuis septembre

    Le décret n° 2025-748 du 1er août 2021 (JO du 2 août) définit les modalités de déclaration des formations en santé et sécurité au travail.

    Depuis le 1er septembre 2025, les organismes de formation DOIVENT déclarer dans le Passeport Prévention :

    • Les formations catégories 1 et 2 : amiante, radioprotection, travaux sous tension, travaux hyperbares, CACES, habilitations électriques

    Les catégories 3 et 4 s’ajouteront au 1er juillet 2026.

    Délai de déclaration : 3 mois après fin du trimestre (6 mois en période transitoire jusqu’au 31 décembre 2026).

    Les employeurs devront déclarer les formations internes et vérifier les déclarations des OF à partir du 16 mars 2026.

    Ce que ça change pour vous : si vous formez en SST, vous DEVEZ déclarer. Sans quoi, vos attestations ne seront pas valides.

    ARM : échéance au 31 décembre 2025

    La loi n° 2023-179 du 19 mai 2023 (article 14, II) impose aux Assistants de Régulation Médicale d’obtenir leur certification avant le 31 décembre 2025 pour continuer à exercer.

    4 voies d’accès :

    • Formation complète (1 470 heures)
    • VAE
    • Dispositif temporaire de formation en alternance (décret n° 2023-620 du 18 juillet 2023)
    • Certification par entretien de positionnement (étendu aux personnes avec 1 an d’expérience au 1er septembre 2025)

    Ce que ça change pour vous : opportunité de dernière minute pour proposer des formations de mise à niveau. Mais c’est MAINTENANT.

    Moniteur éducateur : nouveau référentiel depuis septembre 2024

    Le décret n° 2024-696 du 5 juillet 2024 réforme le diplôme d’État de moniteur éducateur avec entrée en vigueur au 1er septembre 2024.

    Le DEME (niveau 4) s’organise désormais en 3 blocs de compétences permettant une validation progressive. La formation totalise 2 000 heures (950 théoriques, 1 050 pratiques).

    L’arrêté du 18 mars 2025 ajuste des dispositions sur la VAE et les dispenses.

    Ce que ça change pour vous : développez des accompagnements VAE spécifiques pour cette profession.

    FIF-PL : les plafonds explosent (+30% en moyenne)

    Le Conseil de Gestion Extraordinaire du FIF-PL du 30 septembre 2025 a relevé les plafonds de prise en charge à compter du 1er octobre 2025.

    Les nouveaux plafonds généraux :

    • 350 euros ou 300 euros par jour selon les professions
    • Plafond annuel : 1 050 euros ou 900 euros

    Exemples par profession :

    • Masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes, orthoptistes : 900 euros/an et 300 euros/jour
    • Ostéopathes : 1 200 euros/an et 250 euros/jour
    • Psychologues : 900 euros/an et 45 euros/heure

    Nouveau barème proportionnel pour les micro-entrepreneurs BNC (en vigueur le 1er septembre 2025) :

    • CFP de 1 à 25 euros → 120 euros de prise en charge
    • CFP de 116 euros ou plus → 600 euros de prise en charge

    L’e-learning reste plafonné à 50% des critères journaliers et annuels.

    Ce que ça change pour vous : communiquez MASSIVEMENT sur cette revalorisation. Vos formations FIF-PL vont cartonner.

    Ce qu’il faut retenir (vraiment)

    Les 3 transformations structurantes

    1. Autonomie accrue des IPA et infirmiers : accès direct + prescriptions élargies = nouvelles compétences à former
    2. Certification périodique devient LE cadre : 1,9 million de professionnels concernés = marché colossal
    3. Territorialisation des formations médicales : besoins de santé locaux prioritaires = nouvelles passerelles paramédicaux/médecine

    Les 5 actions à mener MAINTENANT

    Pour les organismes de formation :

    1. Conformité Qualiopi V9 : auditez vos processus, vérifiez vos contrats de sous-traitance
    2. Référencement DPC + certification périodique : vérifiez l’éligibilité de TOUTES vos formations
    3. Adaptation des formats : développez présentiel et classes virtuelles (l’e-learning DPC est mort)
    4. Déclaration Passeport Prévention : si vous formez en SST, déclarez IMPÉRATIVEMENT
    5. Veille réglementaire : abonnez-vous aux sources officielles (JO, HAS, ANDPC)

    Pour les formateurs indépendants :

    1. Qualiopi : indispensable pour accéder aux financements
    2. Spécialisation : IPA, IBODE, certification périodique = marchés juteux
    3. Réseau : partenariats avec organismes certifiés
    4. Montée en compétence : formez-vous aux nouveaux référentiels (transition écologique, numérique)
    5. Communication : valorisez l’éligibilité FIF-PL revalorisé

    Les opportunités à saisir (vite)

    Marchés en forte croissance

    1. Formations IPA : accès direct + prescriptions = demande explosive
    2. Certification périodique : 1,9 million de professionnels = méga-marché
    3. Passerelles paramédicaux-médecine : accompagnement des reconversions
    4. Qualité et certification HAS : préparation des établissements au 6e cycle
    5. Nouveaux protocoles : IST, endométriose, fibromyalgie, transition de genre (recommandations HAS)

    Vigilances à avoir

    • Avenir de l’ANDPC : suivre les évolutions post-rapport IGAS
    • Baisse attractivité e-learning : diversifier vos formats RAPIDEMENT
    • Exigences Qualiopi : ne pas sous-estimer les audits de surveillance
    • Délais FIF-PL : demandes AVANT le début de formation (sinon rejet)

    Et vous, dans tout ça ?

    Chez MonRFS, on ne fait pas que décrypter les textes. On ACCOMPAGNE les formateurs et les professionnels de santé dans cette mutation.

    Parce que la formation en santé ne s’improvise pas.

    Parce que la législation évolue vite.

    Parce que vos apprenants méritent le meilleur.

    Nos questions pour VOUS

    • Quelle nouveauté législative 2025 impacte le PLUS votre activité de formateur ?
    • Quelles difficultés rencontrez-vous pour vous mettre en conformité ?
    • Avez-vous déjà adapté vos formations aux nouvelles compétences IPA ?
    • Êtes-vous prêt pour la déclaration Passeport Prévention ?

    Partagez votre expérience en commentaire ! Vos retours terrain sont précieux. Ensemble, on construit une communauté de formateurs aguerris.

    Sources et références complètes

    MonRFS — Le savoir se partage, l’intelligence se connecte.
    Article publié le 20 décembre 2025 • Sources vérifiées • Arnaud de MonRFS

  • Rétrospective 2025 : « Cette année, j’ai failli tout arrêter »

    Le témoignage de Sophie, formatrice en santé, et ce que 2025 nous a fait vivre à tous.

    Sophie a 42 ans. Kinésithérapeute pendant quinze ans, elle est devenue formatrice il y a quatre ans. Elle adore transmettre. Voir les yeux qui s’allument quand un stagiaire comprend enfin un concept, recevoir des messages des mois plus tard : « Grâce à votre formation, j’ai pu aider une patiente… »

    Mais en 2025, pour la première fois, Sophie a sérieusement envisagé d’arrêter.

    Pas à cause de la pédagogie. Pas à cause des stagiaires.

    À cause des chiffres.

    3 février : le matin où tout bascule

    Sophie ouvre son ordinateur en buvant son café. Un email de son comptable.

    « Sophie, on a un problème : la TVA passe à 25 000 euros. »

    Elle relit trois fois. Son CA prévisionnel 2025 : 38 000 euros.

    Elle fait le calcul de tête. Si le seuil descend à 25 000 euros, elle va devoir collecter et reverser de la TVA. Environ 2 600 euros.

    Sur une marge qui tourne déjà à 20%, ça veut dire qu’elle travaillerait un mois et demi pour rien.

    Elle sent son cœur s’accélérer.

    La nuit des calculs

    Ce soir-là, Sophie ne dort pas. Elle refait ses prévisionnels jusqu’à 2h du matin.

    Scénario A : Augmenter ses prix de 20%. Mais elle sait qu’elle perdra des clients. Combien ? 30% ? 50% ?

    Scénario B : Créer une EURL. Mais son comptable lui a dit que ça coûterait 2 000 euros de plus par an en gestion, plus la complexité.

    Scénario C : Limiter son CA à 24 999 euros. Refuser des missions. Renoncer à grandir.

    Aucun scénario n’est bon.

    Le lendemain, elle appelle trois collègues formateurs. Tous dans le même état. Certains parlent déjà d’arrêter.

    Puis, le 6 février, la suspension tombe. Ouf. Mais pour combien de temps ?

    Mars à octobre : vivre en apnée

    Les mois où on ne peut rien décider

    En avril, nouvelle suspension. La réforme est reportée jusqu’à fin 2025.

    Pour Sophie, ça veut dire six mois de plus sans savoir.

    Le coût caché de l’incertitude

    En juin, une grande clinique la contacte. Ils veulent un programme de formation sur toute l’année 2026. Budget : 15 000 euros.

    Ils demandent un devis ferme.

    Sophie hésite. « Et si la TVA change ? Je dois facturer 20% de plus ? »

    Elle demande un délai. La clinique n’attend pas. Elle signe avec un concurrent.

    15 000 euros perdus parce que Sophie ne pouvait pas s’engager.

    Elle repense à cette opportunité pendant des semaines.

    Septembre : l’audit qui fait mal au portefeuille

    L’auditrice Qualiopi arrive. Trois heures d’audit au lieu de deux. Elle demande trois fois plus de documents qu’avant.

    Sophie a passé trois jours entiers à préparer. Vingt-deux heures. À 60 euros de l’heure valorisé, ça fait 1 320 euros de temps.

    Plus l’audit lui-même : 1 200 euros. Plus l’accompagnement qu’elle a dû prendre : 2 500 euros. Plus le logiciel de traçabilité : 1 500 euros par an.

    Total : 6 520 euros.

    Il y a deux ans, Qualiopi lui coûtait 4 300 euros.

    L’augmentation : 63%.

    Elle fait le calcul : pour un CA de 51 000 euros, Qualiopi lui coûte presque 12% de son chiffre d’affaires.

    Douze pour cent. Juste pour avoir le droit de travailler.

    Elle se demande combien de temps elle pourra tenir ce rythme.

    Octobre : la première joie de l’année

    L’email qui fait du bien

    1er octobre. Sophie reçoit une notification du FIF-PL.

    Les plafonds augmentent. De 300 euros à 350 euros par jour.

    Elle sourit. Enfin une bonne nouvelle.

    L’effet papillon

    Sophie avait programmé une formation « Prise en charge lombalgies » fin septembre. Six inscrits.

    Elle décide de l’annuler et de la reprogrammer en novembre.

    Pourquoi ?

    Parce qu’avec la revalorisation, le reste à charge pour ses stagiaires passe de 300 euros à 600 euros.

    Résultat : 13 inscrits au lieu de 6.

    Une seule décision. Le bon timing. Et elle double ses inscriptions.

    En euros : 7 200 euros de CA qui deviennent 15 600 euros.

    +8 400 euros grâce à un report de six semaines.

    Sophie comprend que dans ce métier, le timing compte autant que la pédagogie.

    Novembre : le soulagement

    3 novembre, enfin

    Sophie lit l’annonce : la réforme TVA est définitivement abandonnée.

    Les seuils restent à 37 500 euros.

    Elle pleure de soulagement.

    Neuf mois. Neuf mois à ne pas savoir. Neuf mois à ne pas pouvoir s’engager. Neuf mois de stress.

    Elle fait le compte :

    • 25 heures perdues en calculs
    • 600 euros de conseil comptable
    • 15 000 euros de contrat perdu
    • Trois nuits blanches

    Pour revenir exactement au point de départ.

    Décembre : l’investissement qui change tout

    10 décembre : l’annonce qui change tout

    Sophie lit : « Les e-learnings ne seront plus indemnisés en 2026. »

    Elle a deux e-learnings au catalogue. Ils représentent 18 000 euros de CA.

    Si elle ne fait rien, elle va perdre au moins 30% de ces inscriptions. Soit 5 400 euros.

    Le choix n’est pas un choix.

    Elle doit pivoter. Transformer ses e-learnings en classes virtuelles.

    Le budget :

    • Formation pour apprendre à animer : 1 500 euros
    • Matériel (caméra, micro, lumière) : 1 800 euros
    • Refonte des programmes : 40 heures de travail

    Elle regarde sa trésorerie : 9 000 euros disponibles.

    Elle va devoir investir 5 800 euros d’un coup.

    Soit 64% de sa trésorerie.

    Elle hésite toute une journée. Puis elle valide.

    Parce qu’elle n’a pas le choix. C’est investir ou mourir.

    Elle commande le matériel. Elle s’inscrit à la formation.

    Rendez-vous en janvier pour apprendre son nouveau métier.

    Le vrai coût de 2025

    Quand Sophie fait ses comptes

    Fin décembre, Sophie ouvre son fichier Excel. Elle compte tout.

    Chiffre d’affaires : 63 000 euros. Pas mal. +10% par rapport à 2024.

    Elle se dit qu’elle a bien travaillé.

    Puis elle regarde la ligne « Charges ».

    32 000 euros.

    Elle compare avec 2024 : 24 000 euros.

    Hausse de 33%.

    Son résultat avant impôt : 31 000 euros. En 2024, c’était 33 000 euros.

    Attendez. Son CA monte de 10%, mais son résultat baisse de 6% ?

    Elle vérifie. Revérifie.

    C’est ça. L’effet ciseau.

    Les charges courent plus vite que le chiffre d’affaires.

    La ligne qui tue

    Sophie regarde le détail.

    Qualiopi : 6 800 euros en 2025 vs 4 000 euros en 2023.

    +70% en deux ans.

    Elle fait le ratio : 6 800 euros = 63 000 euros x 11% de son CA qui part juste dans la conformité administrative.

    Elle se souvient qu’en 2023, avant Qualiopi, elle n’avait pas cette charge.

    11% de son CA. Pour avoir le droit de travailler.

    Elle soupire.

    La marge qui fond

    Sophie calcule sa marge nette.

    2023 : 60% — 2024 : 55% — 2025 : 49%

    En deux ans, elle a perdu 11 points de marge.

    Si ça continue comme ça, dans cinq ans elle est à 25%. Et à 25% de marge, elle ne pourra plus vivre de son métier.

    Elle doit réagir. Vite.

    Ce que Sophie a décidé pour 2026

    Décision 1 : augmenter ses tarifs (encore)

    En 2024, elle facturait 650 euros la journée. En 2025, 720 euros (+10%). En 2026, elle va passer à 800 euros (+11%).

    Elle sait qu’elle va perdre quelques clients. Mais elle ne peut pas faire autrement.

    À 720 euros, elle ne couvre plus ses charges correctement.

    Décision 2 : automatiser ce qui peut l’être

    Sophie va investir dans un vrai logiciel de gestion. 1 200 euros par an.

    Cher ? Oui.

    Mais ça lui fera gagner 3 heures par semaine en administratif. Soit 130 heures par an.

    150 heures qu’elle pourra vendre.

    À 80 euros de l’heure, ça fait 12 000 euros de CA supplémentaire potentiel.

    ROI du logiciel : 1 000%.

    Décision 3 : se faire accompagner

    Elle va rejoindre un réseau de formateurs. Cotisation : 500 euros par an.

    Pourquoi payer pour ça ?

    Parce qu’en 2025, elle a perdu 15 000 euros de contrat par manque de réseau et d’informations.

    500 euros pour éviter de reperdre 15 000 euros, c’est une évidence.

    Les chiffres essentiels à retenir

    Si vous ne deviez retenir que trois chiffres de 2025, ce serait ceux-là :

    +55% : Qualiopi

    C’est l’augmentation moyenne du coût de Qualiopi entre 2023 et 2025.

    De 4 200 euros à 6 500 euros pour une micro-structure.

    C’est la charge qui explose le plus.

    37 500 euros : TVA stable

    Après neuf mois de suspens, le seuil reste inchangé.

    Mais cette incertitude a coûté entre 1 000 euros et 8 000 euros selon votre réaction.

    +25% : FIF-PL

    La revalorisation d’octobre a permis d’augmenter les inscriptions de 50% sur certaines formations.

    C’est la seule vraie bonne nouvelle financière de l’année.

    Ce que 2025 nous dit pour 2026

    La réalité du métier a changé

    Être formateur en 2025, ce n’est plus être un expert passionné qui transmet.

    C’est être un entrepreneur qui doit piloter sa trésorerie au quotidien.

    Les formateurs qui s’en sortent ne sont pas forcément les meilleurs pédagogues.

    Ce sont ceux qui maîtrisent leurs chiffres.

    L’équation impossible

    Charges qui montent de 14%. CA qui monte de 10%.

    Résultat : La marge qui fond.

    Pour survivre en 2025, il faut :

    • Vendre plus de jours (mais vous êtes limité par le temps)
    • Augmenter vos tarifs (mais clients résistants)
    • Réduire vos charges (mais lesquelles ? Qualiopi est obligatoire)

    Il n’y a pas de solution magique.

    Trois questions à vous poser ce soir

    1. Ma marge nette est-elle au-dessus de 50% ?

    Si non, vous êtes en danger. Dans deux ans, vous ne vivrez plus de votre activité.

    2. Ma trésorerie couvre-t-elle 3 mois de charges ?

    Si non, au premier coup dur (impayé, maladie), vous êtes à découvert.

    3. Suis-je prêt à transformer mes e-learnings en classes virtuelles ?

    Si non, vous allez perdre une partie importante de votre CA DPC en 2026.

    Le mot de Sophie pour 2026

    « J’ai failli arrêter cette année. En février, avec la TVA, j’ai vraiment failli tout lâcher.

    Puis j’ai tenu. J’ai surfé sur neuf mois d’incertitude. J’ai payé Qualiopi, même si ça fait mal. J’ai investi dans la classe virtuelle, même si ça vide ma trésorerie.

    En 2026, je vais augmenter mes tarifs. Je vais perdre quelques clients. Mais je vais en gagner d’autres.

    Parce que j’aime ce métier. Parce que transmettre a du sens.

    Mais je ne me fais plus d’illusions : le métier, maintenant, c’est 30% de pédagogie et 70% d’entrepreneuriat.

    Et en 2026, je serai meilleure entrepreneure. Ou je changerai de métier. »

    Et vous, vous en êtes où ?

    2025 vous a coûté combien ?

    En euros. En stress. En nuits blanches.

    Vous avez tenu ? Vous avez failli craquer ? Vous avez prospéré malgré tout ?

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