En tant que professionnel de santé, vous conseillez vos patients sur l’activité physique, mais qu’en est-il de votre propre corps ? La formation continue en sport-santé rappelle une évidence souvent négligée : la sédentarité touche aussi les soignants. L’objectif de MonRFS n’est pas d’ajouter « un programme de plus », mais de revenir à des règles simples qui redonnent au corps ce qu’un trajet quotidien à vélo fournissait naturellement.

Sédentarité et risque cardiométabolique

Les longues périodes en position assise augmentent le risque cardiométabolique. Si l'activité physique aide, elle n'élimine pas complètement cet effet — d'où l'importance des micro-interruptions.

Le problème n'est pas de ne pas faire assez de sport. C'est de rester trop longtemps immobile.

Priorité quand le temps manque

La première priorité quand le temps manque est de casser la sédentarité (2 à 5 minutes toutes les heures) + mieux dormir, ce qui facilite ensuite la réintégration de l'activité physique.

Micro-interruptions : un réel impact

Les micro-interruptions ont un réel impact sur la santé métabolique, la mobilité et la douleur.

Recommandation : 2 à 5 minutes debout/marche/escaliers toutes les heures. Si vous ne pouvez pas bouger : la pendiculation (contracter volontairement puis relâcher les muscles), avec l'objectif de casser la posture fixe et relancer la circulation et le métabolisme.

Sommeil et récupération

Les méta-analyses montrent une association en U entre la durée de sommeil et la mortalité : dormir moins de 7 heures ou plus de 9 heures est associé à un risque accru, avec la fenêtre de 7 à 9 heures émergeant de manière assez consistante.

Pour les cliniciens : un patient qui veut "faire plus de sport" mais dort 5-6 heures est en déficit structurel de récupération.

Avant de prescrire du mouvement, vérifier le sommeil. C'est la fondation invisible.

L'approche en quatre piliers

  1. Casser le "trop assis" — micro-interruptions toutes les heures
  2. Récupérer — sommeil, nutrition, gestion du stress
  3. Retrouver l'attention — micro-choix quotidiens, déconnexion ciblée
  4. Activité physique — réintégration progressive, adaptée au contexte

L'ordre compte. Commencer par le pilier 4 sans avoir stabilisé les trois premiers, c'est construire sur du sable.

Lien avec l'hyperconnexion

Cet article fait partie d'une série en 6 chapitres. Le chapitre suivant explore l'hypothèse que l'hyperconnexion a court-circuité notre capacité naturelle à s'engager dans l'effort — et ce que cela change pour la rééducation et la prévention.

Pourquoi intégrer le sport-santé dans sa pratique professionnelle

Pour les kinésithérapeutes, médecins généralistes et autres professionnels de santé libéraux, la question de la sédentarité est double. D’une part, elle concerne directement leurs patients : près de 95 % des adultes français sont exposés à un risque lié au manque d’activité physique selon l’ANSES. D’autre part, elle touche les soignants eux-mêmes, dont les journées alternent souvent entre postures statiques au bureau et encadrement de patients.

Les dispositifs de formation continue tels que le DPC (Développement Professionnel Continu) et le FIFPL proposent désormais des programmes spécifiquement orientés sport-santé. Ces formations permettent aux professionnels de santé d’actualiser leurs connaissances sur la prescription d’activité physique adaptée et d’intégrer les recommandations de la HAS dans leur pratique quotidienne.

Concrètement, par où commencer ?

Avant de prescrire du mouvement à vos patients, commencez par évaluer votre propre situation. Voici trois indicateurs simples :

MonRFS référence des formations en santé qui traitent de ces sujets sous un angle à la fois scientifique et pratique. Que vous soyez kiné, ergo, psychomotricien ou médecin, la compréhension fine des mécanismes de la sédentarité renforce votre crédibilité clinique et améliore la prise en charge de vos patients.

Un professionnel de santé qui prend soin de son propre corps est plus légitime à en parler à ses patients.

Références et sources

Lignes directrices de l’OMS sur l’activité physique et la sédentarité. Organisation mondiale de la Santé, 2020. https://www.who.int/europe/fr/publications/i/item/9789240014886

Guide des connaissances sur l’activité physique et la sédentarité. Haute Autorité de Santé (HAS). https://www.has-sante.fr/jcms/p_3360234/fr/guide-des-connaissances-sur-l-activite-physique-et-la-sedentarite

Inactivité physique et sédentarité : recommandations actualisées. ANSES. https://www.anses.fr/en/content/more-physical-exercise-and-less-sedentary-lifestyle-better-health-0

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