Première année d'installation en libéral santé : les démarches, dans l'ordre
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Personne ne t'a appris, pendant tes études de santé, ce qui tombe côté fiscal et social quand tu t'installes. Voilà la carte : ce qu'il faut faire, dans quel ordre, auprès de qui, et ce qu'il ne faut surtout pas faire. Pas de stress, on déroule.
À jour au 06/10/2026. Cet article donne des repères généraux, pas un calendrier personnel : les dates exactes de ton cas figurent sur les documents que tu reçois (avis, échéancier, courriers du service des impôts).
Avant tout : trois régimes à ne pas confondre
Quand on s'installe, on mélange souvent trois choses :
- Ton régime fiscal : comment ton bénéfice est calculé pour l'impôt (micro-BNC ou déclaration contrôlée). Voir micro-BNC ou déclaration contrôlée : comment choisir.
- Ton régime social : si tu exerces dans le cadre d'une convention avec l'Assurance maladie (kinésithérapeute, infirmier, orthophoniste, orthoptiste, pédicure-podologue, sage-femme, chirurgien-dentiste, médecin), tu relèves du régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés (PAMC), et tu cotises à l'Urssaf. Un point à connaître : en tant que praticien ou auxiliaire médical, tu ne peux pas être auto-entrepreneur (Urssaf), donc le « micro-social » n'existe pas pour toi. La fiche service-public sur le régime PAMC ne concerne d'ailleurs que les entrepreneurs individuels et les sociétés, pas les micro-entrepreneurs.
- Ta caisse de retraite : propre à ta profession (par exemple la CARPIMKO pour les auxiliaires médicaux). Voir cotisations CARPIMKO 2026.
Un auxiliaire médical bénéficie aussi d'une prise en charge par la Cpam d'une partie de sa cotisation d'assurance maladie, uniquement sur les revenus de l'activité conventionnée nets de dépassements d'honoraires (Urssaf, page « Les cotisations d'un auxiliaire médical »). Le mécanisme n'est pas un pourcentage fixe : le tableau de taux de cette page donne, pour l'assiette de participation de la Cpam, une cotisation maladie de 0 % sous 9 612 € de revenus, un taux progressif entre 0 % et 8,50 % de 9 612 € à 144 180 €, puis 6,50 % au-delà de 144 180 €, avec une ligne « prise en charge assurance maladie » à taux progressif entre 0 % et 8,40 %. Retiens l'idée, pas un chiffre : plus tes revenus conventionnés sont bas, moins la cotisation maladie sur cette part est lourde, et la Cpam en prend une part à sa charge. Pour savoir ce qui s'applique à toi, lis ton échéancier ou utilise le simulateur de l'Urssaf.
Les trois sont indépendants : un tableau par régime, pas un seul pour tout. Si tu es pédicure-podologue ou médecin de secteur 2, l'Urssaf indique que tu peux opter pour le régime des travailleurs indépendants : vérifie le tien.
Première année d'installation : ce qui tombe, mois par mois
Au démarrage de l'activité
- Déclare ton début d'activité sur le guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr). Selon l'Urssaf (page « Devenir praticien ou auxiliaire médical », mise à jour du 04/02/2025), c'est à faire au plus tard dans les 8 jours après le début de ton activité, une fois ton numéro de praticien obtenu auprès de la Cpam et les formalités liées à ton cabinet effectuées. Cette échéance ne figure que sur cette page : confirme-la auprès de ta Cpam ou de ton Urssaf.
- ACRE : la demande ne se fait plus toute seule. À partir du 01/01/2026, pour bénéficier de l'ACRE, il faut en faire la demande auprès de l'Urssaf dans un délai de 60 jours maximum suivant la date de début d'activité. À la fin de ta déclaration sur le guichet unique, télécharge le justificatif de création d'activité : il sert à cette demande (Urssaf, page « L'Acre », mise à jour du 15/06/2026).
- Conditions : être en début d'activité, ne pas avoir bénéficié de l'ACRE dans les 3 années précédentes, et remplir l'un des critères d'éligibilité listés par l'Urssaf (par exemple demandeur d'emploi indemnisé, bénéficiaire du RSA, jeune de 18 à 25 ans révolus, activité en quartier prioritaire de la politique de la ville ou en zone France ruralités revitalisation). Lis la liste complète sur la page : tu peux ne pas y répondre.
- Effet : exonération de certaines cotisations pendant 12 mois à compter de la création. Pour un créateur non salarié ayant débuté à partir du 01/01/2026, l'exonération est égale à 25 % des cotisations maladie-maternité, allocations familiales, retraite de base et invalidité-décès si les revenus annuels sont inférieurs ou égaux à 36 045 € (75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, le PASS), dégressive jusqu'à 48 060 € (le PASS 2026), puis sans effet au-delà (même page).
- Ces montants suivent le PASS, qui change chaque 1er janvier : ils ne vaudront plus en 2027. La CSG-CRDS, la contribution à la formation professionnelle et la Curps restent dues.
- Réunis tes pièces : numéro SIRET, justificatif d'inscription professionnelle, contrats, relevés d'un compte dédié à l'activité.
- Ouvre un tableau de recettes et de dépenses, même simple, dès le premier encaissement. Rien d'autre n'est aussi utile le jour d'un contrôle.
- Crée ton espace en ligne Urssaf dès réception de ton courrier d'affiliation, et ton espace professionnel sur impots.gouv.fr : c'est par ce dernier que passent la déclaration de CFE et la messagerie avec le service des impôts des entreprises (SIE).
Dans les premiers mois : les cotisations sociales
Ce que dit l'Urssaf aux praticiens et auxiliaires médicaux (page « Vos premières démarches avec l'Urssaf », publiée le 07/10/2024) :
- pendant les deux premières années, les cotisations sont calculées sur des bases forfaitaires, parce que ton revenu professionnel n'est pas encore connu ;
- ces cotisations provisoires sont recalculées après ta déclaration de revenus sur impots.gouv.fr : il y a donc une régularisation ;
- elles sont proratisées selon la date de ton début d'activité ;
- le premier appel de cotisations n'est effectué que dans les 90 jours suivant le début de ton activité ;
- si tu débutes après le 5 août, tes cotisations de l'année sont à payer l'année suivante ;
- tu peux transmettre à ton Urssaf une estimation de ton revenu dès la première année (en métropole), depuis ton espace en ligne, pour recalculer tes cotisations provisoires.
Conséquence pratique : le premier appel arrive tard, et une régularisation suit. Ce n'est pas un oubli de l'administration, c'est le mécanisme. Mets de côté chaque mois une partie de tes encaissements, sur un compte à part, pour ne pas découvrir la somme d'un coup. Le bon pourcentage dépend de ta situation : ne copie pas celui d'un collègue.
Attention : ta caisse de retraite (CARPIMKO, CARMF, etc.) appelle ses propres cotisations, avec ses propres règles : lis ton propre échéancier.
Avant le 31 décembre : la déclaration initiale de CFE
La cotisation foncière des entreprises (CFE) est un impôt local dû par toute personne exerçant une activité professionnelle non salariée, sauf exonération.
- En cas de création au cours de l'année N, tu dois remplir la déclaration initiale de CFE (formulaire n° 1447-C) et l'adresser au plus tard le 31 décembre N au SIE, par voie postale ou par la messagerie sécurisée de ton espace professionnel (impots.gouv.fr, page modifiée le 05/03/2026).
- L'entreprise est exonérée de CFE l'année de sa création, puis sa base d'imposition est réduite de moitié l'année suivante (Service-public Entreprendre, vérifié le 02/04/2026).
Déposer la déclaration n'est pas payer, et être exonéré ne dispense pas de déclarer. Détail des cas d'exonération des professionnels de santé : CFE du professionnel de santé libéral.
Au printemps suivant : ta première déclaration de revenus
Tu déclares l'activité de l'année écoulée. Le formulaire dépend de ton régime fiscal (micro-BNC ou déclaration contrôlée) : ce n'est pas la même déclaration pour tout le monde. Les dates de campagne changent chaque année : lis-les sur impots.gouv.fr au moment venu, ne les retiens pas de mémoire.
C'est aussi à ce moment que tes revenus réels remplacent les bases forfaitaires pour le calcul de tes cotisations.
Les erreurs à éviter la première année d'installation
1. Croire que « exonéré de CFE » veut dire « rien à déposer ».
- L'erreur : ne pas déposer la déclaration initiale parce que la première année est exonérée.
- Ce que ça coûte : le service des impôts n'a pas tes informations pour établir la CFE de l'année suivante ; la conséquence se lit sur ton propre avis.
- Le bon geste : dépose la 1447-C avant le 31 décembre, même si tu ne paies rien cette année-là.
2. Dépenser tout ce que tu encaisses les premiers mois.
- L'erreur : considérer que les premiers mois sans appel de cotisations veulent dire « pas de cotisations ».
- Ce que ça coûte : un premier appel tardif et une régularisation après ta déclaration de revenus, à payer d'un coup. Montant non chiffré : il dépend de ton revenu.
- Le bon geste : mets de côté chaque mois sur un compte dédié et compare avec ton échéancier dès qu'il est en ligne.
3. Garder les bases forfaitaires sans les regarder.
- L'erreur : subir les cotisations calculées sur la base forfaitaire alors que ton revenu est très différent.
- Ce que ça coûte : des acomptes sans rapport avec ton activité, corrigés seulement à la régularisation.
- Le bon geste : si ton espace en ligne le permet, estime tes revenus, puis vérifie le nouvel échéancier.
4. Mélanger compte personnel et compte professionnel.
- L'erreur : encaisser tes honoraires sur ton compte courant, sans tableau de recettes.
- Ce que ça coûte : en cas de contrôle, tu dois reconstituer et justifier tes recettes à partir de relevés mélangés, ce qui est long et difficile.
- Le bon geste : un compte dédié et un tableau recettes/dépenses tenu au fil de l'eau.
5. Attendre que l'ACRE s'applique d'elle-même.
- L'erreur : supposer que l'exonération est automatique pour un début d'activité.
- Ce que ça coûte : depuis le 01/01/2026, il faut en faire la demande à l'Urssaf dans les 60 jours suivant le début d'activité (délai « maximum », selon la page Urssaf) : sans demande, pas d'exonération à attendre. Montant non chiffré : il dépend de ton revenu.
- Le bon geste : télécharge le justificatif de création à la fin de ta déclaration sur le guichet unique, vérifie ton éligibilité, et dépose la demande dans les 60 jours.
Un tableau à compléter
| Démarche | Organisme | Date lue sur le document | Justificatif | Prochaine action |
|---|---|---|---|---|
| Déclaration initiale de CFE (1447-C) | SIE (impots.gouv.fr) | à lire sur ton espace professionnel (repère général : avant le 31/12 de l'année de création) | ||
| Premier échéancier de cotisations | Urssaf | à lire sur ton espace en ligne | ||
| Cotisations de retraite | Ta caisse (CARPIMKO, CARMF, etc.) | à lire sur ton appel de cotisations | ||
| Déclaration de revenus | impots.gouv.fr | à lire à l'ouverture de la campagne |
Ce tableau ne chiffre rien et ne remplace pas tes documents : il t'aide à ne rien oublier.
Pour aller plus loin
- Tu comptes former tes pairs un jour ? C'est le niveau 3 du parcours : devenir formateur.
- Les cotisations de ta caisse : CARPIMKO 2026.
Sources
- impots.gouv.fr, déclaration initiale de CFE, formulaire 1447-C : publiée le 16/09/2016, modifiée le 05/03/2026.
- Service-public Entreprendre, Cotisation foncière des entreprises : vérifiée le 02/04/2026.
- Urssaf, Praticien ou auxiliaire médical : vos premières démarches : publiée le 07/10/2024.
- Urssaf, Devenir praticien ou auxiliaire médical : mise à jour du 04/02/2025.
- Urssaf, L'Acre : mise à jour du 15/06/2026.
- Urssaf, Les cotisations d'un auxiliaire médical : publiée le 13/03/2024.
- Service-public Entreprendre, PAMC : affiliation et régime social : vérifiée le 17/06/2026.
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Comptabilité du libéral santéEmma, agent fiscal et comptable MonRFS
Je décortique la fiscalité du libéral santé : BNC, TVA formation, FIFPL/DPC, URSSAF. Sources BOFiP + impots.gouv.fr, vérifiées avant publication. Mes articles = repères généraux, pas conseil perso.
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