Mon Bilan Prévention s'ouvre aux kinésithérapeutes en octobre 2026
Arrêté du 28 juillet 2026, publié au Journal officiel (JO) le 02/08/2026 (NOR : SFHS2615240A). Pas de panique : inutile de décortiquer les 8 articles du texte, voici ce qui change en clair.
À compter du 1er octobre 2026, les masseurs-kinésithérapeutes rejoignent les médecins, sages-femmes, infirmiers et pharmaciens parmi les professionnels habilités à réaliser les rendez-vous de prévention du dispositif Mon Bilan Prévention. Tarif : 30 euros par entretien, intégralement pris en charge par l'Assurance Maladie.
Mon Bilan Prévention en deux mots
Mon Bilan Prévention est un temps d'échange dédié à la prévention, proposé à quatre moments de la vie : entre 18 et 25 ans, 45 et 50 ans, 60 et 65 ans, et 70 et 75 ans (art. 3 de l'arrêté). Concrètement, le patient fait le point avec un professionnel de santé sur ses habitudes de vie (alimentation, activité physique, tabac, alcool, sommeil, santé mentale, dépistages) et repart avec un plan personnalisé de prévention.
Le rendez-vous dure 30 à 45 minutes selon la communication du ministère (durée absente de l'arrêté lui-même). Il est pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, sans reste à charge ni dépassement d'honoraires possible (art. 5-II).
Le dispositif tourne déjà : plus de 612 000 bilans réalisés au 30 juin 2026, dont plus de la moitié par les pharmaciens depuis l'automne 2025, pour 20 millions de Français qui seraient éligibles, selon le ministère cité par franceinfo.
Bilan de prévention kiné : ce qui change pour toi au 1er octobre 2026
Jusqu'ici, le texte de référence (l'arrêté du 28 mai 2024) réservait ces entretiens aux quatre professions déjà effectrices. Le nouvel arrêté abroge et remplace ce texte (art. 1), et son article 4 ajoute noir sur blanc les masseurs-kinésithérapeutes à la liste : « Les médecins, les sages-femmes, les infirmiers, les pharmaciens et les masseurs-kinésithérapeutes peuvent réaliser les entretiens de prévention mentionnés à l'article 2 ».
Ce que ça veut dire pour toi, kiné libéral :
- Tu pourras réaliser des entretiens de prévention pour les quatre tranches d'âge, que la personne soit ou non déjà ta patiente.
- Une condition posée par le texte : avoir adhéré à la convention nationale (art. 5-III). Déconventionné, tu ne peux pas facturer ces entretiens.
- Tes coordonnées pourront être mises à disposition du service public d'information en santé (sante.fr) pour permettre la prise de rendez-vous (art. 4).
L'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes salue une ouverture « qui répond à une demande de longue date » (communiqué de l'Ordre), évoquée dès juin 2024. L'argument du ministère : des professionnels de proximité, présents sur tout le territoire, avec une expertise reconnue en activité physique, prévention de la perte d'autonomie et santé musculo-squelettique.
Comment se déroule un entretien de prévention
Côté terrain, le parcours type est déjà rodé par les autres professions :
- Avant : le patient remplit un auto-questionnaire adapté à sa tranche d'âge, en ligne sur Mon espace santé ou sur papier (sinon, il le remplit pendant le rendez-vous).
- Pendant : le professionnel repère les risques prioritaires à partir de l'échange et du questionnaire, puis construit avec la personne un plan personnalisé de prévention, formalisant un plan d'actions vers un changement d'habitudes de vie (art. 2).
- Après : le plan est remis à la personne (le versement au dossier médical partagé vaut remise, sauf opposition) et transmis au médecin traitant par messagerie sécurisée, sauf opposition du patient (art. 2).
Rendez-vous de prévention à 30 euros : la facturation en clair
L'article 5 de l'arrêté fixe un cadre tarifaire précis, à retenir ligne par ligne :
| Ce que dit le texte | En pratique |
|---|---|
| Tarif : 30 euros (métropole), 31,50 euros (DROM) | Rémunération fixe, prise en charge ou remboursée par l'Assurance Maladie |
| Aucun dépassement, aucune majoration | Le tarif est opposable, point final |
| Entretien à domicile possible | Frais de déplacement facturables dans les conditions conventionnelles |
| Non cumulable avec un autre acte | Pas de séance de kinésithérapie facturée en plus le même jour (voir vigilance ci-dessous) |
| Une fois par personne et par tranche d'âge | Quel que soit le professionnel qui l'a réalisé |
Le tableau des codes prestation de l'arrêté attribue le code RDV aux médecins et sages-femmes, RDP aux pharmaciens, et RDI aux infirmiers ainsi qu'aux masseurs-kinésithérapeutes. Oui, le même code RDI pour les deux professions : c'est bien ce qu'affiche le texte publié, et à la date de publication de cet article, aucune source officielle ne précise s'il s'agit d'un choix ou d'une coquille.
Points de vigilance : ce que le texte ne dit pas
Un arrêté de 8 articles ne règle pas tout. Trois zones restent ouvertes, et une confusion à éviter :
- Pas d'acte complémentaire pour les kinés. L'article 6 autorise certains effecteurs à facturer un acte en plus si un besoin est repéré pendant l'entretien (consultation de base et frottis pour les médecins et les sages-femmes, électrocardiogramme pour les médecins, vaccination pour les sages-femmes, pharmaciens et infirmiers, kit de dépistage colorectal). Les kinésithérapeutes n'y figurent pas : pour eux, l'entretien de prévention se facture seul, sans cumul possible.
- Pas de durée réglementaire. Les 30 à 45 minutes relèvent de la communication du dispositif, pas du texte.
- Pas de mode d'emploi pour se déclarer effecteur. Le texte prévoit la transmission des coordonnées à sante.fr, mais ne décrit pas la démarche côté professionnel : les modalités pratiques attendues côté Assurance Maladie devront être clarifiées avant le 1er octobre.
- À ne pas confondre : ce texte est distinct de la loi 2026-668 sur la mesure de la tension artérielle, qui autorise d'autres actes de repérage cardio-neuro-vasculaire. Deux textes différents, deux dispositifs différents, même dynamique de fond : élargir le rôle préventif des paramédicaux.
Faut-il une formation pour réaliser un bilan de prévention ?
Faut-il se former avant de réaliser ces bilans ? Côté texte, c'est simple : l'arrêté ne pose aucune exigence de formation préalable, et aucune source officielle consultée n'en mentionne pour les kinés. Une exigence conventionnelle ou ordinale pourrait toutefois arriver plus tard : à la date de publication de cet article, aucun texte ne tranche ce point.
Côté terrain, se préparer reste une bonne idée : l'entretien mobilise des compétences d'entretien motivationnel et de repérage (addictions, santé mentale, dépistages) qui débordent le champ habituel du cabinet. La plateforme de ressources Mon Bilan Prévention de l'EHESP (École des hautes études en santé publique), mise en place à la demande de la Direction générale de la santé, propose modules e-learning, fiches mémo et textes de référence. Tu passes par une formation DPC (Développement professionnel continu) ? L'indemnisation obéit à ses propres règles : Emma les détaille dans son article sur le DPC en e-learning et son indemnisation. Et pour explorer les formations en prévention et santé publique référencées par la Boussole, direction le moteur de formations MonRFS.
Pour aller plus loin
- Arrêté du 28 juillet 2026 relatif aux effecteurs, au contenu et aux modalités de tarification des rendez-vous de prévention (Légifrance, texte intégral)
- Communiqué de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes
- Bilans prévention : les kinés intègrent le dispositif (Egora)
- Préparer son bilan prévention (sante.fr)
FAQ : Mon Bilan Prévention pour les kinés
Je suis kiné libéral : puis-je déjà proposer des bilans de prévention ?
Pas encore : l'arrêté entre en vigueur le 1er octobre 2026. À partir de cette date, tout kiné ayant adhéré à la convention nationale pourra réaliser et facturer ces entretiens.
Combien est payé un entretien de prévention ?
30 euros en métropole, 31,50 euros dans les DROM, pris en charge par l'Assurance Maladie. Aucun dépassement ni majoration n'est possible (art. 5 de l'arrêté).
Puis-je facturer une séance de kinésithérapie le même jour que le bilan ?
Non. La facturation de l'entretien n'est pas cumulable avec celle d'un autre acte, et les exceptions prévues à l'article 6 ne concernent pas les kinésithérapeutes.
Mes patients doivent-ils avancer des frais ?
Non. Le bilan est pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, sans reste à charge, une fois par tranche d'âge.
Un doute sur ton cas précis ? Dis-le-moi en commentaire : je creuse la question pour le prochain article.
Se préparer avant le 1er octobre
L'entretien mobilise des compétences d'entretien motivationnel et de repérage qui débordent le champ habituel du cabinet. La Boussole référence les formations en prévention et santé publique.
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