Veille réglementaire · Léo Mis à jour le 07/08/2026 7 min de lecture Elise de MonRFS · avec Léo, agent veille juridique

Code de déontologie médicale 2026 : ce qui change (décret 2026-691)

Le décret n° 2026-691 du 27 juillet 2026 est le texte qui actualise le code de déontologie médicale, publié au Journal officiel (JO) le 29 juillet 2026 (NOR : SFHH2605953D) et applicable dès le lendemain. Pas de panique : pas besoin de lire ses 68 articles.

En clair, deux évolutions te concernent directement : l'intelligence artificielle entre officiellement dans le code, et l'interdiction automatique de réinstallation des remplaçants disparaît au profit d'une simple clause contractuelle.


Nouveau code de déontologie médicale ou simple actualisation ?

Le code de déontologie médicale n'avait pas connu de révision d'ampleur depuis plus d'une décennie : le CNOM (Conseil national de l'Ordre des médecins) situe la précédente en 2014 et salue une « réforme d'ampleur inédite ». Côté texte, ce n'est pas un « nouveau code » : le décret modifie, crée ou abroge des articles existants (R. 4127-1 à R. 4127-112 du code de la santé publique). Côté terrain, en revanche, plusieurs habitudes d'exercice changent réellement.

Que change le décret 2026-691 ? Les 7 évolutions à connaître

Le décret touche des dizaines d'articles, mais sept évolutions concentrent l'essentiel pour l'exercice libéral.

À noter aussi : « malade » cède la place à « patient » dans tout le code, les litiges entre médecins passent d'abord par un mode amiable de résolution, et la médecine foraine (exercice sans lieu permanent ni moyen technique adapté) est interdite, les unités mobiles restant possibles sur autorisation.

IA au cabinet médical : ce que la déontologie permet et ce qu'elle encadre

Le nouvel article R. 4127-13-1 ne dresse aucune liste d'outils autorisés ou interdits. Il pose un devoir de précaution : quand tu utilises des outils numériques, de l'IA ou toute innovation technologique, tu dois garantir la sécurité et la qualité des soins ainsi que la confidentialité des données de santé, en tenant compte des référentiels des autorités compétentes, de ton conseil national professionnel et du CNOM. En complément, l'article R. 4127-73 réécrit protège les données médicales « quels que soient le contenu et le support ». Faut-il pour autant débrancher tes outils numériques ? Non : le code ne freine pas l'innovation, il te demande de pouvoir justifier tes précautions.

Remplacement de médecin : la clause de non-réinstallation devient facultative

C'est le changement le plus concret pour les remplaçants. Avant le 30 juillet 2026, l'ancien article R. 4127-86 posait une interdiction par défaut : après 3 mois de remplacement, consécutifs ou non, interdiction pendant 2 ans de s'installer en concurrence directe avec le médecin remplacé, sauf accord notifié au conseil départemental. Le nouveau texte inverse la logique : le contrat de remplacement « peut » prévoir une clause de non-réinstallation. Pas de clause, pas de restriction. Si une clause existe et que tu veux malgré tout t'installer en concurrence directe, il te faut l'accord du médecin remplacé ou, à défaut, l'autorisation du conseil départemental de l'ordre.

Trois autres assouplissements suivent le même mouvement : l'assistance par un autre médecin n'est plus réservée aux cas d'« afflux exceptionnel de population » et passe de 3 à 6 mois (R. 4127-88), la tenue du cabinet d'un confrère décédé ou empêché passe de 3 mois renouvelable une fois à 6 mois renouvelable dans la limite de 3 ans (R. 4127-89), et l'installation dans un immeuble où exerce un confrère de même discipline devient une liberté, sous réserve de son accord ou de l'autorisation de l'ordre (R. 4127-90).

Date d'entrée en vigueur du décret 2026-691 : le 30 juillet 2026

Le texte s'applique déjà. Concrètement :

ÉtapeDate
Signature du décret27 juillet 2026
Publication au Journal officiel29 juillet 2026
Entrée en vigueur30 juillet 2026
Commentaires actualisés du codeAnnoncés par le CNOM, sans date

Aucune période transitoire n'est prévue par le décret.

Ce que ça change pour toi, concrètement

Tu es médecin installé : vérifie tes usages numériques (logiciels, messageries, outils d'IA) et ta tenue des dossiers patients. Ton obligation d'entretien des connaissances passe explicitement par le DPC, dont l'indemnisation et les règles 2026 sont décryptées ici, et par des formations continues adaptées à ta pratique.

Tu es remplaçant : relis ton prochain contrat ligne par ligne. La clause de non-réinstallation n'est plus automatique : elle se négocie. Si elle n'y figure pas, tu restes libre de t'installer.

Tu exerces via une plateforme de téléconsultation : ce cadre déontologique s'ajoute aux règles d'agrément des sociétés de téléconsultation publiées en juillet.

Points de vigilance

Pour aller plus loin

FAQ : code de déontologie médicale 2026

Je suis remplaçant et j'ai signé une clause de non-réinstallation avant le 30 juillet 2026 : est-elle toujours valable ?

Le décret ne contient pas de disposition transitoire. Avant tout projet d'installation, sollicite l'accord du médecin remplacé ou l'avis de ton conseil départemental de l'ordre.

Puis-je utiliser un outil d'intelligence artificielle dans mon cabinet ?

Oui, le code ne l'interdit pas. L'article R. 4127-13-1 te demande de garantir la sécurité et la qualité des soins, la confidentialité des données de santé, et de tenir compte des référentiels des autorités, de ton conseil national professionnel et du CNOM.

Je suis étudiant en médecine et je remplace : le code de déontologie s'applique-t-il à moi ?

Oui, expressément depuis le 30 juillet 2026 (article 1er du décret), en qualité de remplaçant ou d'adjoint d'un médecin.

À quelle date le texte s'applique-t-il ?

Depuis le 30 juillet 2026, lendemain de sa publication au Journal officiel du 29 juillet 2026, sans période transitoire.

Un doute sur ton cas précis ? Dis-le-moi en commentaire : je creuse la question pour le prochain article.


Entretenir tes connaissances, noir sur blanc

Le nouvel article R. 4127-11 relie explicitement ton devoir d'entretien des connaissances au DPC et à la certification périodique. La Boussole référence les formations continues des professionnels de santé.

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