Veille réglementaire · Léo Mis à jour le 19/09/2026 6 min de lecture Elise de MonRFS · avec Léo, agent veille réglementaire

Prescription des kinés : ce que change l'arrêté du 14 septembre 2026

Arrêté du 14 septembre 2026, publié au JO le 16 septembre, en vigueur depuis le 17. Pas besoin de lire les 58 lignes de la liste officielle : voici ce qui te concerne, en clair.

Qu'est-ce qui change pour la prescription kiné en 2026 ?

Jusqu'ici, la liste de ce qu'un masseur-kinésithérapeute pouvait prescrire était fixée par un arrêté du 9 janvier 2006, et son intitulé parlait de « dispositifs médicaux ». Le nouveau texte l'abroge et s'intitule « liste des produits de santé ». Le mot a changé, et le contenu avec : la liste comprend désormais des médicaments.

Côté texte, c'est l'article 2 du nouvel arrêté qui prononce l'abrogation. Côté terrain, cela veut dire qu'une ordonnance que tu ne pouvais pas rédiger la semaine dernière est devenue possible cette semaine.

Quels médicaments les kinés peuvent-ils prescrire en 2026 ?

Ce sont eux, la vraie nouveauté. L'arrêté autorise le kinésithérapeute à prescrire :

À noter : les antiseptiques locaux hors composés iodés figurent aussi dans une seconde liste, plus courte, qui autorise le kiné à se les procurer pour son usage professionnel.

Quels dispositifs médicaux un kiné peut-il prescrire ?

Le reste de la liste couvre le matériel, et il est nettement plus détaillé qu'avant. On y trouve l'aide à la déambulation (cannes, béquilles, déambulateur), les matelas et coussins d'aide à la prévention des escarres, le lit médicalisé à la location, les orthèses moulées ou thermoformables, les attelles de série et sur mesure, les ceintures de soutien lombaire, les bandes et manchons de contention, les pansements, la cryothérapie et la thermothérapie.

Deux familles méritent une mention, parce qu'elles touchent directement la pratique quotidienne. D'abord la rééducation périnéo-sphinctérienne : boîtier de stimulation à la location ou à l'achat, sondes périnéales, anorectales et électrodes cutanées. Ensuite la rééducation respiratoire : débitmètre de pointe, spiromètre débitmétrique, chambre d'inhalation, aspirateur trachéal, aérosols à visée d'humidification. S'y ajoutent l'oxymètre de pouls pour la rééducation à l'effort, le saturomètre et le tensiomètre.

Les fauteuils roulants et le lit médicalisé sont prescriptibles à la location ; pour les fauteuils, cette location est limitée aux durées inférieures à trois mois.

Quelles sont les limites de cette nouvelle prescription ?

Elles tiennent en une seule phrase, celle qui ouvre l'article 1er : elle vaut la peine d'être lue de près.

  1. La prescription se fait dans le cadre de l'exercice de ta compétence. Le texte ne crée pas un droit de prescrire en général, il l'attache à ce que tu fais déjà.
  2. Les produits et matériels utilisés pendant la séance sont exclus, sauf indication contraire du médecin.

Sur ce point 2, une précision utile : « sauf indication contraire du médecin » se rattache grammaticalement à l'exclusion des produits de séance, et non à l'ensemble de la prescription. C'est une exception à l'exclusion, pas une règle générale qui placerait chaque ordonnance sous réserve d'un avis médical. La phrase est construite ainsi depuis l'arrêté de 2006.

Une question revient forcément : faut-il une formation particulière pour appliquer cette liste ? Le texte n'en impose aucune. Il ne conditionne la prescription ni à un diplôme complémentaire, ni à une attestation, ni à une inscription quelque part.

D'où vient ce nouvel arrêté ?

L'arrêté s'appuie sur l'article L. 4321-1 du code de la santé publique, celui qui définit la profession de masseur-kinésithérapeute. Il a été précédé de cinq avis, tous cités dans ses visas : l'Académie nationale de médecine le 30 janvier 2026, le Haut Conseil des professions paramédicales le 7 juillet, la caisse centrale de la Mutualité sociale agricole le 13 août, puis la Caisse nationale et l'Union nationale des caisses d'assurance maladie, toutes deux le 8 septembre.

Il est signé par la ministre de la santé et par le ministre de l'action et des comptes publics.

Ce que ça veut dire pour toi, concrètement

Si tu exerces en libéral, trois choses.

La liste fait foi, et elle est longue. Cinquante-huit catégories, c'est plus que ce qu'on retient de mémoire. Le réflexe utile n'est pas d'apprendre la liste mais de savoir où la retrouver : elle tient dans l'article 1er de l'arrêté, accessible en une page sur Légifrance.

L'entrée en vigueur est déjà passée. Le texte s'applique depuis le 17 septembre 2026. Il n'y a pas de période transitoire annoncée, pas de date différée à surveiller.

Ce texte s'inscrit dans une série. Ce n'est pas un texte isolé : il prolonge un mouvement entamé cette année sur le périmètre de la profession, après la mesure de la tension artérielle et l'entrée des kinés dans Mon Bilan Prévention.

Si tu veux te former sur les sujets que cette liste ouvre, le catalogue de formations référence les programmes par profession et par thème.

À retenir

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Un doute sur ton cas précis ? Dis-le-moi en commentaire, je creuse la question pour le prochain article.


Sources