Retour sur une année qui a transformé nos pratiques 2025 restera dans les mémoires comme une année charnière. De janvier à décembre, la Haute Autorité de Santé a posé les jalons d'une transformation profonde du système de santé français. Prévention,

inclusion, qualité des soins : autant de fils rouges qui ont tissé le paysage sanitaire de cette année.

Pour vous, formateurs et professionnels de santé, voici le récit chronologique des 12 moments qui ont marqué 2025 et qui orienteront vos pratiques en 2026.

Janvier : L'année démarre sur les chapeaux de roue Le 6e cycle de certification redéfinit les standards Dès le 21 janvier, la HAS donne le ton en lançant son 6e cycle de certification avec une application prévue dès septembre. Le message est

clair : la qualité des soins n'est plus une option, c'est une exigence.

Les trois piliers du nouveau dispositif :

Rehausser la barre sur les enjeux cruciaux S'ajuster aux réalités du terrain et aux priorités sanitaires Placer enfin les patients au cœur du processus, comme partenaires et non comme spectateurs Les urgences au centre de l'attention Face à la saturation chronique des

services d'urgences, le référentiel met l'accent sur la prise en charge non programmée et les filières d'hospitalisation directe. Objectif : éviter que nos aînés ne passent des heures sur un brancard.

Sepsis : chaque minute compte Le 29 janvier, la HAS labellise une recommandation ambitieuse : un parcours de soins intégré pour la prise en charge du sepsis, du nouveau- né à l'adulte. Cette approche transversale marque une rupture : exit les

cloisonnements, place à la continuité des soins.

Le défi pour 2026 : Former vos équipes aux nouveaux critères de certification tout en renforçant leurs réflexes face au sepsis. Le temps, c'est du tissu cérébral.

Février : Vision d'avenir et urgence du présent Février 2025 sera un mois à marquer d'une pierre blanche. En trois temps, la HAS dessine les contours de son action pour les six prochaines années.

Le 4 février : cap stratégique jusqu'en 2030 La HAS dévoile son projet stratégique, véritable boussole pour naviguer dans les défis à venir : vieillissement démographique, fractures territoriales, contraintes budgétaires, urgence climatique...

Le maître-mot ? Prévention. Fini le temps où l'on se contentait de soigner.

L'heure est à l'anticipation, au dépistage précoce, à l'accompagnement plutôt qu'à la réparation. Un changement de paradigme qui bouleverse la formation continue.

Le 14 février : la santé mentale en ligne de mire La Saint-Valentin prend une dimension particulière avec l'adoption du troisième programme pluriannuel dédié à la santé mentale et à la psychiatrie.

Sur la table pour 2025 :

Repérage précoce des psychoses émergentes chez les jeunes Prise en charge des troubles schizophréniques : médicaments ET thérapies non médicamenteuses Dépression chez la personne âgée : sortir de l'invisibilité Un signal fort : la santé mentale n'est plus le parent pauvre de la

médecine.

Le 27 février : rappel vaccinal anti-COVID La HAS tire la sonnette d'alarme : avec seulement 20,8% des plus de 80 ans vaccinés et 87% des décès concentrés chez les 75 ans et plus, une campagne de printemps s'impose pour les plus vulnérables.

Votre mission : Convaincre, expliquer, rassurer. La pédagogie vaccinale reste un enjeu majeur de santé publique.

Mars : Le temps de la digestion Mars marque une pause bienvenue. Pas de publication majeure, mais un mois crucial pour que les professionnels s'approprient les recommandations du premier trimestre. Les webinaires se multiplient, les équipes se forment, les protocoles s'ajustent.

C'est dans ces moments de respiration que se joue la vraie transformation des pratiques.

Avril : Combattre l'invisible Avril rime avec IST. La HAS actualise ses recommandations sur deux infections qui touchent des milliers de personnes chaque année, souvent en silence.

Chlamydia : lever les tabous La grande nouvelle : la doxycycline est désormais recommandée dès le premier trimestre de grossesse. Une avancée qui lève une ambiguïté et simplifie la prise en charge.

Le protocole simplifié :

Doxycycline 100 mg deux fois par jour pendant 7 jours (tous les trimestres pour les femmes enceintes au 1er trimestre)

Azithromycine 1g dose unique aux 2e et 3e trimestres Pas de contrôle de guérison systématique Gonorrhée : la résistance progresse, la vigilance aussi Face à l'antibiorésistance, le protocole se resserre : ceftriaxone 1g en monothérapie pour les infections non compliquées. Simple, efficace,

surveillé de près par le Centre National de référence.

L'enjeu pédagogique : Dédramatiser le dépistage, systématiser la notification aux partenaires, prévenir sans stigmatiser.

Mai : Endométriose, cessons l'errance Le 15 mai, un label HAS vient couronner un travail collaboratif entre radiologues, gynécologues et obstétriciens. Objectif : mettre fin au parcours du combattant que vivent trop de femmes.

Les avancées concrètes :

Des procédures d'imagerie harmonisées sur tout le territoire Des comptes rendus standardisés que tous comprennent Une stratégie diagnostique claire et progressive Un consentement éclairé qui respecte vraiment les patientes Le changement de posture : L'endométriose n'est plus une maladie

mystérieuse ou psychosomatique. C'est une pathologie qui se diagnostique, se nomme, se soigne. Former à cette reconnaissance, c'est redonner leur légitimité aux femmes qui souffrent.

Juin : Fibromyalgie, le corps avant les médicaments Juin marque un tournant thérapeutique avec les nouvelles recommandations sur la fibromyalgie. Le message est révolutionnaire dans sa simplicité : bougez avant d'avaler.

Le nouveau paradigme :

Diagnostic clinique sans examens inutiles Activité physique et thérapies non médicamenteuses en première ligne Les médicaments relégués en deuxième intention Une prise en charge évolutive et personnalisée Concrètement :

Encourager l'activité physique quotidienne Prescrire un programme adapté si besoin Traiter les troubles associés (sommeil, humeur)

Évaluer ensemble, patient et soignant La révolution culturelle : Accepter que le meilleur traitement n'est pas toujours dans une boîte de médicaments. Former à l'éducation thérapeutique, à la motivation, à l'accompagnement au long cours.

Juillet : Histoire(s) de genre Le 18 juillet, la HAS franchit un cap historique en publiant ses premières recommandations sur la prise en charge des adultes trans. 128 experts mobilisés. Des mois de travail. Un message puissant : la médecine est au

service de toutes les identités.

Les principes non négociables :

Accueil sans jugement, sans a priori Utilisation du prénom et pronom choisis Aucune évaluation psychiatrique de l'identité de genre Information transparente pour un choix éclairé Respect absolu de l'autodétermination La prise en charge : Pluriprofessionnelle, personnalisée, évolutive.

Hormones, chirurgie, accompagnement psychologique : à chacun·e son parcours, selon ses besoins et ses souhaits.

À venir : Une deuxième partie sur les mineurs. Le débat s'annonce intense.

Former à l'inclusion : C'est apprendre à déconstruire ses représentations, à accueillir la différence, à soigner sans imposer sa vision du monde. Un défi qui dépasse largement la technique médicale.

Août : La trêve estivale Août souffle. Les publications se font rares, les congrès s'arrêtent. C'est le moment où les professionnels digèrent les six premiers mois, testent les nouveaux protocoles, échangent en équipe autour d'un café tiède.

Ne sous-estimez jamais ces temps morts : c'est là que les recommandations deviennent des pratiques.

Septembre : La rentrée des certifiés Septembre sonne l'heure de vérité : les premières visites de certification selon le nouveau référentiel débutent.

Les établissements qui ont anticipé sourient. Les autres transpirent. Les exigences sont montées d'un cran, et ça se sent dès les premiers audits.

Le réflexe à développer : Transformer la certification d'une contrainte administrative en opportunité d'amélioration continue. Former les équipes à cette posture proactive fait toute la différence.

Octobre : Maturité et consolidation Octobre, c'est le mois de la maturation. Les recommandations de l'année prennent racine, les protocoles s'affinent, les retours d'expérience s'accumulent.

Pas de révolution, mais une évolution silencieuse et profonde. Les bonnes pratiques ne se décrètent pas, elles s'apprivoisent.

Novembre : Sourire d'avenir En novembre, la HAS plante les graines d'une révolution dentaire en lançant l'actualisation de ses recommandations sur la prévention de la carie.

Le contexte : Programme "Génération sans caries" déployé, examens gratuits annuels pour tous les 3-24 ans, suivi des femmes enceintes renforcé. L'ambition est claire : faire de la France un pays où grandir sans carie devient la norme.

Les questions sur la table :

Quelles populations cibler en priorité ?

À quelle fréquence consulter selon l'âge et le risque ?

Fluorures, scellements, traitements atraumatiques : qu'est-ce qui marche vraiment ?

Les enjeux :

Sanitaire : Réduire les inégalités criantes d'accès aux soins dentaires Économique : Maîtriser les 15 milliards d'euros dépensés chaque année Éthique : Garantir que chaque enfant, riche ou pauvre, ait droit au même sourire Rendez-vous en 2026 pour les recommandations finales qui structureront

la prévention bucco-dentaire pour la décennie.

Décembre : Préserver plutôt que remplacer Décembre referme l'année en beauté avec l'approbation du remboursement de quatre actes dentaires conservateurs.

La philosophie : Chaque stade de la carie peut être traité. Préserver la dent naturelle le plus longtemps possible évite les traitements lourds, traumatisants et coûteux. C'est du bon sens médical autant qu'économique.

Les populations prioritaires :

Personnes en situation de handicap Résidents d'EHPAD avec difficultés de déplacement Personnes souffrant de phobie dentaire Femmes enceintes Tout-petits L'approche gagnante : Prévention précoce + interventions mini-invasives = dents préservées à vie.

Le regret : Le fluorure diamine d'argent, pourtant prometteur pour stopper l'évolution des caries, n'a pas obtenu le feu vert faute d'autorisation française. Affaire à suivre.

Former différemment : Passer d'une logique de soin curatif à une logique de préservation change tout. C'est valoriser la prévention, c'est apprendre à intervenir tôt, c'est convaincre les patients que garder leurs dents est possible.

Et maintenant ? Cap sur 2026 Les chantiers qui nous attendent :

Publications en vue :

Recommandations sur les mineurs en transition de genre (terrain sensible garanti)

Stratégies de prévention de la carie dentaire enfin actualisées Suite du marathon santé mentale Nouvelles évaluations de médicaments innovants Les tendances qui se confirment :

✅ La prévention comme religion laïque Tout le projet stratégique 2025- 2030 converge vers un objectif : anticiper plutôt que réparer.

✅ La coordination comme obsession Fini les soins en silo. Les parcours fluides, pluridisciplinaires, sans rupture deviennent la norme.

✅ La qualité comme exigence non négociable Certification renforcée, indicateurs partout, transparence maximale. La pression monte, mais c'est pour la bonne cause.

✅ L'inclusion comme évidence Personnes trans, patients en santé mentale, personnes en situation de handicap : la médecine apprend enfin à accueillir toutes les différences.

✅ L'innovation comme moteur Évaluation accélérée, accès précoce, technologies numériques : la médecine de demain s'invente aujourd'hui.

Ce qu'il faut retenir de cette année 2025 n'a pas été une année comme les autres.

C'est l'année où la prévention a cessé d'être un vœu pieux pour devenir une politique. L'année où les approches non médicamenteuses ont conquis leurs lettres de noblesse. L'année où la diversité des identités est devenue une évidence médicale. L'année où la qualité des soins est passée

de l'incantation à l'évaluation.

Pour vous, formateurs, 2025 marque un tournant pédagogique.

Former aujourd'hui, ce n'est plus seulement transmettre des protocoles.

C'est :

Cultiver la posture préventive chez les futurs professionnels Enseigner le travail en équipe pluridisciplinaire Éduquer au respect de l'autodétermination des patients Préparer aux exigences qualité croissantes Ouvrir les esprits aux innovations qui transforment les pratiques

Le défi pour 2026 ? Passer de l'intention à l'action. Les recommandations sont là. Maintenant, il faut qu'elles vivent, qu'elles irriguent les cabinets, les hôpitaux, les formations. C'est votre mission. C'est notre responsabilité collective.

💬 Et vous, quelle a été votre recommandation de l'année ?

Quel mois de 2025 a bousculé votre pratique ? Quelle recommandation avez-vous intégrée avec le plus d'enthousiasme ou de difficulté ? Quels sujets vous taraudent pour 2026 ?

Partagez votre vécu en commentaire. Vos retours d'expérience sont précieux. Ils nourrissent la communauté et enrichissent nos pratiques.

Références

Toutes les recommandations citées sont issues des publications officielles

de la Haute Autorité de Santé, disponibles sur https://www.has-sante.fr

Document rédigé en décembre 2025 pour les formateurs et professionnels

de santé par MonRFS – Le réseau qui fait avancer la formation continue en

santé.